Je sais que je ne fais que me plaindre, tout le temps (j'ai décidément perdu ma plume drôle et légère de mes années lycéennes, à jamais je crois, c'est bien dommage mais c'est comme ça), et de plus, sur les mêmes sujets. Soit.

Je viens de finir l'histoire de Super Copain & moi, Super Copain ayant décidé de ne plus vouloir continuer avec moi. Soit. Cela faisait un bout de temps que je n'avais pas eu de copain, déjà, donc ça faisait également un bout de temps qu'on ne m'avait pas larguée. Mais laissez moi vous conter cette histoire gnan gnan à souhait, concurrençant à haut niveau les romans Arlequins. J'ai pas l'occasion souvent d'être une fille romantique délicate perdue dans un monde rose (je me sens un peu plus comme Bear Grylls dans une virée en Enfer dans la vie de tous les jours, bouffe ou soit bouffé), alors je vous emmerde, et je crois que je peux vraiment réunir un tas de clichés dans la narration de mon histoire.

Il y a des instants dans la vie, où l'on est, à tout hasard, exactement où l'on doit être. Ce sont ces moments où tout roule, où tout est fluide, sans difficultés, où l'on sent que l'on est à sa place. Je l'ai rencontré par hasard via une ancienne potesse de lycée (camcam, si tu passes par là), et telle l'étoile de mer et ses ventouses collées au rocher qu'elle a choisi pour passer une partie de sa vie, je me suis accrochée à ce particulier. Comment vous dire, c'était la première fois depuis longtemps que j'ai eu un véritable coup de coeur pour quelqu'un. Je me sentais comme une adolescente au temps de ses premiers amours, à l'époque de la drague via msn, on discutait, souvent, des heures, on blaguait, beaucoup, et j'avais envie de lui montrer tout mon monde intérieur (sans mauvais jeu de mots, je vous vois venir). J'avais envie de lui montrer tout ce que j'aimais, de lui faire découvrir des choses, j'avais envie qu'il me raconte ses histoires, j'avais envie de tout partager avec lui. On s'est vus peu de fois, puis nous avons passé une soirée entière ensemble, qui est l'une des meilleures que je n'ai jamais passé. On a parlé toute la nuit, de choses, on a fait des conneries, on s'est marrés, beaucoup, vraiment beaucoup. Et à la fin de cette soirée, au petit matin, à la sortie d'une fontaine publique, je l'ai embrassé (ça si c'est pas du cliché). Puis on a commencé à sortir ensemble, pour de vrai. J'étais un peu rouillée, mais finalement, ça allait.

J'étais sur un petit nuage, qui était haut, très haut. Au dessus de toute chose rationelle, je le sentais vraiment bien. J'avais (et j'ai toujours) une confiance infinie en lui, je savais qu'il ne me ferait jamais de mal, qu'il était, tout simplement, tout ce que j'avais recherché sans le savoir (cliché n°2).  Il y a des moments où l'on tombe exactement sur ce qu'on voulait trouver. Généralement, c'est quand on s'arrête de chercher. Je ne sais pas encore comment le verbaliser, mais j'avais avec lui ce sentiment de plénitude, extrême, qu'il ne me fallait rien d'autre, qu'il fallait que je ne sois rien d'autre, juste moi. Et qu'il ne devait qu'être juste lui. Et que tous les deux, on s'accordait vraiment bien. 
Et puis j'ai commencé à l'aimer, très vite. Puis même trop vite. Mais je m'en foutais, parce que je m'étais pas sentie comme ça depuis tellement longtemps. J'avais le sentiment d'être enfin juste, accordée, et j'étais heureuse. Encore une fois parce qu'il ne me manquait rien. J'ai aimé chaque instant passé avec lui, je ne voulais jamais le contrarier (je n'ai jamais voulu, d'ailleurs, je me sentais comme une petite fille honteuse de sa bêtise chaque fois que je l'ai énervé), j'ai aimé chaque rire qu'il m'a décroché, j'ai aimé chaque moment passé dans ses grands bras, et j'aurais voulu ne jamais me décoller de lui.

Je n'avais aucune jalousie, rien, il n'y avait aucun nuage au dessus de nous, c'était clair, et c'était bien. J'étais lovée dans un duvet fait de barbapapa.

Et, comme tous les couples, on a eu notre routine, même si elle a été très brève - une routine que j'adorais. C'était comme le Petit Prince et le renard, je savais que je le voyais tel jour, alors j'attendais toujours avec une plus ou moins grande patience le moment où je pourrais lui sauter dessus et l'embrasser, comme si je ne l'avais pas vu depuis des mois. Je lui souhaitais une bonne journée autant de matins où j'y pensais. Je m'efforçais de toujours lui dire bonne nuit. On était pas forcés d'être 24h sur 24 ensemble, parce qu'à chaque fois qu'on se retrouvait, sa présence avait un goût un peu meilleur. J'avais pas besoin de le voir plus, parce que je chérissais chaque moment qu'on passait ensemble. J'étais satisfaite de pratiquement rien. Parce que je l'aimais vraiment, je crois. 

Et puis, ça a commencé à se détériorer. Pas parce que nous n'étions pas bien ensemble, mais parce qu'il ne m'aimait pas. Il m'appréciait, mais ne m'aimait pas. Alors que de mon côté, il était déjà trop tard. Je lui avais déjà donné mon petit coeur, parce que je savais que je ne voudrais le donner à personne d'autre. Et je ne voyais pas qui d'autre pourrait le mériter mieux que lui.

Ca a éclaté, une fois. J'ai pleuré parce que je me suis soudainement rendue compte qu'on envisageait pas le futur de la même manière. Il était inclus dans le mien, je n'étais pas forcément incluse dans le sien. Je ne lui en voulais pas, mais j'étais triste.

Ca a éclaté, une seconde fois, où j'ai compris que j'étais la seule à faire marcher la relation, où j'ai vraiment compris qu'il n'était pas amoureux de moi. J'ai eu peur et je me suis effondrée, et je lui ai dit sous le coup de la colère que ça ne servait à rien que nous étions ensemble.

Deux jours après, je suis revenue sur ma décision, déjà parce que je change toujours d'avis, et puis parce que je voulais pas abandonner, pour une fois que j'avais trouvé quelqu'un qui me correspondait. Je me suis trouvée débile d'avoir tout jeté parce que j'ai eu peur. J'ai pas été courageuse. J'avais compris qu'il n'y a que moi pour tomber amoureuse aussi rapidement (ma stupide loi du tout ou rien), et que je devais me fier à ce que je ressentais au lieu de tenter de rationaliser la chose. Je sentais que j'étais bien avec lui, et qu'il l'était avec moi, alors qu'il soit amoureux ou non, la question ne se posait finalement pas. On pourrait continuer à avoir de chouettes moments ensemble, c'était, au fond, tout ce qui m'importait.

Et puis je pense qu'il ne me l'a jamais pardonné. Parce qu'il a commencé à s'éloigner, à vouloir de moins en moins me voir, à être irritable. Je pense que j'ai cassé le peu de confiance qu'il avait en moi. Quand on apprivoise un renard, c'est long, et il ne faut pas criser en plein milieu de ne pas réussir. C'est exactement ce que j'ai fait.

Puis j'ai commencé à sentir qu'il se forçait. Qu'il n'était plus heureux avec moi. Mais qu'il n'osait rien me dire, parce qu'il savait qu'il avait mon petit coeur entre ses mains. Et vu qu'il est adorable - même s'il vous affirmera avec aplomb le contraire, il avait peur de l'écraser.  J'aurais voulu être stupide à ce moment là pour ne pas le voir, j'aurais voulu être égoïste pour le garder pour moi, j'aurais voulu continuer à espérer naïvement que ce n'était qu'une passade, mais je sentais bien que non. Alors je lui ai demandé de prendre une décision.

Enfin, au moment où tout s'est essoufflé, il m'a quittée. Je lui ai demandé un dernier câlin, j'ai pleuré à ce moment là, et après quelques blagues pour tenter de remonter l'atmosphère (qui était aussi basse que ma taille, alors imaginez), il est parti. 

Et depuis je ne l'ai plus revu. On se parle, mais je ne l'ai plus revu. Et il me manque, tellement. Je sais que je suis passée à côté de quelque chose, et je crois bien que c'est de ma faute. J'aurais aimé l'avoir apprivoisé correctement. J'aurais aimé être plus patiente, mais c'est pas ma meilleure qualité. J'aimerais tout recommencer, et profiter encore plus, si c'est possible. J'aurais aimé qu'il comprenne que je ne voulais lui mettre aucune pression. J'aurais aimé ne pas lui faire peur, j'aurais aimé qu'il comprenne qu'il ne fallait pas qu'il culpabilise de ne pas m'aimer, qu'il comprenne que j'aurais toujours préféré être avec lui même en sachant qu'il ne m'aimait pas, que ça n'était pas grave, parce que c'était l'une des meilleures personnes qui ait croisé mon chemin récemment. Que je suis comme ça, je m'emballe pour un rien, alors forcément, quand ce rien est plutôt grand et (presque) parfait, je m'emballe énormément. Je suis juste super enthousiaste.

 

Mais, je vais bien. Etrangement bien, d'ailleurs. Parce que c'est la vie, et que c'est comme ça, et que je n'y peux rien. Je ne lui en veux pour rien. Comme quoi, quand deux personnes ont une histoire respectueuse, il  n'y a pas d'éclats, de déchirures ou de prises de tête. Je pleure pas, je passe pas mon temps à écouter des chansons tristounettes en me remémorant le temps passé, je ne regrette pas, rien. Je sais que c'est juste la vie. Je me sens un peu sage. Mais parfois, je pleure. Parfois, j'aimerais égoïstement qu'il me revienne. Parfois je me surprend à espérer qu'il se rende compte qu'il s'est trompé, qu'il se rend compte qu'en fait il était mieux avec moi, un peu comme dans les films. Parfois je peste contre ces satanées étoiles qui ne se sont pas accordées pour moi (comme d'habitude, j'ai envie de dire). Parfois j'attends un sms de sa part où il me dirait qu'il pense à moi.

Je me console en me disant que dans un genre d'univers parallèle, on est ensemble. Que c'est juste pas cette version de moi qui suis avec lui pour l'instant. Je me dis que le temps est un concept tellement chelou et que, peut être, on sera ensemble plus tard. Que je peux faire revivre mes souvenirs à l'infini (tant que je ne les confonds pas avec la réalité), et qu'il est toujours quelque part en moi, du coup. Peut être que dans un futur proche je pourrais le cloner (il me reste encore quelques atomes de lui). Que peut être qu'il se rendra compte qu'il ressentait les mêmes choses que moi. Tout en écrasant cet espoir au plus profond de moi-même pour tenter de pas trop souffrir encore à l'avenir.

J'ai fait de la PS3 ma thérapie, je fais semblant qu'il n'y a rien (je n'ai annoncé la nouvelle à presque personne), et c'est effectivement comme s'il n'y avait rien eu. J'écoute les conseils de Yoda. Sauf que je sais, quelque part, qu'à un moment je me suis sentie tellement mieux. Que je me suis sentie complétée, en fait. Et que, pour le moment, je me sens juste seule. Mais ça va, pour le coup, c'est un sentiment que je commence à gérer.

 

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Et moi, pauvre humaine, je n'en ai qu'un.