Oyez Oyasse Ananas, je fête les SIX ANS de mon blog, parsemés de CENT CINQUANTES ARTICLES sur mon blog, lus par plus de DIX MILLE VISITEURS. Aujourd'hui est donc jour de liesse et de joie, BON ANNIVERSAIRE A TOI, BLOGOUNET D'AMOUR FIDELE COMPAGNON.

Je suis donc venue ici cent cinquante fois, vous raconter ce tourbillon qu'est ma tête avec des mots parfois étranges et non appropriés. C'est cent cinquante messages venant en direct live de mon cortex cérébral, formant un mini-kaléïdoscope de ces dernières années. Cent cinquante messages qui relatent mon adolescence difficile d'ado rebelle, portant des jeans fluo, assénant le monde de mini-fucks et de phrases telles que "l'enfer, c'est les autres". J'étais Daria, coincée entre mon envie d'être intégrée au corpus lycéen, tout en clamant haut et fort les raisons pour lesquelles je ne faisais pas partie de la masse. J'étais légèrement bipolaire socialement. Je voulais faire partie d'un tout, mais seulement pour mieux affirmer mon originalité.  Je voulais faire partie du groupe seulement pendant les heures de classes, et être l'antisociale trop cool pendant la récré. Hé ouais les gars, moi je bois de la bière les mardi soirs (bizarrement, cette tradition n'a jamais stoppé). Et puis j'avais les cheveux oranges à cette époque, quelques kilos de plus, des boutons sur le front (mais pas trop, ça va, moi ma némésis de l'adolescence c'était plutôt ma pilosité)(maintenant j'ai accepté le fait d'être à demi-animale, je raconterai à mes petits neveux/nièces qu'en vérité, je suis un loup garou). J'étais énervée, et facilement agaçable par les faits de la vie quotidienne, je pouvais être aigrie parce qu'il n'y avait plus de danette à la cantine et insulter les mères des cantinières sur trente-trois générations (mais faut me comprendre, le chocolat était mon seul plaisir et hobbie à cette époque, ça et tout ce qui avait un rapport avec Jim Morrison)(on aurait pu résumer cette partie de ma vie en une plaquette de chocolat estampillée The Doors, en fait). 

Puis, il y a eu la petite adulte Tahra, qui s'engouffrait sans grande conviction dans le monde adulte. Enfin j'ai plutôt été happée par le monde adulte, et je n'en garde pas un souvenir particulièrement reluisant. J'ai eu la sensation d'être un flamby qui était gobé par un géant, j'étais perturbée, je mesurais en moyenne dix centimètres de moins que chaque personne que je rencontrais dans ma vie, ce qui a participé sans aucun doute possible à mon enterrement mental. Je pense que cette période de ma vie a été la plus dure pour moi. On m'assenait des problèmes d'adultes, que j'ai dû prendre à bras le corps, alors que le but de ma vie à ce moment était de construire une mosaïque grandeur nature de Buzz l'éclair en Mentos. Maintenant je sais que c'est la vie, et que certaines personnes ont moins de chance concernant les épreuves que d'autres, le fait que j'ai dû traverser l'équivalent de l'océan Indien par jour d'orage alors que d'autres personnes naviguent sereinement sur leur mer de tranquillité n'est PAS de mon ressort. La vie est injuste, je l'ai bien appris et assimilé à ce moment (en même temps j'aurais dû m'en douter, je suis quand même née à une époque où les dinosaures n'existent plus, et où la plupart des jeunes connaissent (I can't get no) Satisfaction grâce à la reprise de Britney Spears - ceci est un clash assumé, sachant que j'étais fan de Britney, et que je fais partie de cette miriade de gens). C'était également une période compliquée pour moi, parce que je n'étais pas bien sûre d'être normale. J'étais persuadée que quelque chose tournait pas rond dans mon ciboulot (et en fait, j'avais raison, c'est juste que maitenant je m'en fous), et ça m'angoissait énormément. C'est à cette période que je me suis rendue compte de toutes les différences que je présentais face au reste du monde. Il se posait aussi la question d'assumer ces différences (comme j'ai assumé cette frange diagonale en 4e), ou de les cacher au plus profond de moi-même. A l'aube de mes 18-19 ans, j'avais du mal à assumer  pleinement mon petit grain de folie. Je me considérais comme folle, et j'étais persuadée que j'allais finir dans un asile. Ca n'était pas un manque de confiance en moi, mais plus une grande incompréhension. Je ne comprenais pas le monde dans lequel je vivais, et je me comprenais encore moins moi-même. Malgré la noirceur que cette incompréhension a pu m'apporter, rétrospectivement je peux dire que cette période m'a été bénéfique sur au moins un point : je suis capable de me poser les bonnes questions, et je suis capable de trouver des réponses. Pas forcément les bonnes, pas forcément les mieux, mais j'essaye de répondre, toujours. Et de laisser place à toutes les possibilités, sans fermer définitivement mon esprit.

Cette petite adulte Tahra a perduré jusqu'à mes vingt et une années, pour donner naissance à la version que vous lisez maintenant. La logique aurait voulu que je sache enfin qui je suis, que je finisse ce paragraphe avec un proverbe ou une citation liée à la sagesse que distillent les années, à l'image d'une conclusion de présentation de PowerPoint avec, comme illustration, un paysage zen (au hasard : bouddha dans une forêt, une plage paradisiaque où la distinction entre le ciel et l'eau ne peut se faire, un lac calme entouré de montagnes enneigées à leurs sommets), mais ça ne sera absolument pas ça.
Parce que ce qui est formidable, c'est qu'après ces 150 tirades et gueulantes sur le monde qui m'entoure, sur moi-même, sur ma haine d'Eric Zemmour et des champignons, je ne suis toujours pas capable de vous avancer un argument avec certitude. Excepté celui-ci : je ne sais rien de sûr. Je ne sais toujours pas qui je suis. Je ne comprends toujours pas le monde et son obsession pour le fessier de Nicki Minaj. Je ne comprends toujours pas la frénésie Apple, la mode crâne à demi-rasé, je ne comprends strictement rien à l'économie, j'ai dû mal à comprendre pourquoi un pays en dette, c'est mal (je veux dire, la France a un déficit avoisinant les milliards, mais, concrètement, il se passe quoi si on est trop en déficit ?), je ne suis toujours pas capable de parler l'espagnol (excepté tortilla),j'aime maintenant les frites alors que je détestait ça au lycée (oulàlà j'étais tellement rebelle mon dieu), je ne comprends pas la méchanceté, le harcèlement scolaire, le manque de solidarité, et tant de choses encore (tout, en fait). Je comprends pas quand Valéry Giscard d'Estaing parle. Je ne comprends pas l'arbitraire du pourquoi deux plus deux font quatre, et pourquoi la lettre F suivi de A donne le son FA. Je ne comprends pas pourquoi Fa est une note, et pas Ta. Je ne comprends toujours pas les mécanismes qui sous-tendent mon activité cérébrale. Je ne sais pas comment je parle, je ne sais pas ce qu'il se passe dans mon corps quand je décide de faire un mouvemenent. Je ne sais pas pourquoi on dort, je ne sais pas pourquoi l'humanité a un jour décidé de se relever sur ses deux pattes arrières. Je ne sais pas pourquoi nous existons, je ne sais pas pourquoi il y a des planètes, pourquoi la matière noire existe, pourquoi l'atome existe, et si le vide existe. Si un arbre tombe dans une forêt et qu'il n'y a personne pour l'entendre, je ne sais pas si il fait du bruit. 

Mais il y a bien quelque chose, une tendance, qui subsiste à tout, contre vents & marées, et qui, petit à petit, se dessine comme une certitude dans ma vie. Je suis certaine d'être ignorante, et, pour le moment, c'est la plus belle chose que je puisse penser. Car tous les jours, je m'émerveille devant des petites choses, je les chéris, n'étant pas sûre de continuer à les connaître par la suite. L'impression de vivre dans un monde perpétuellement nouveau est un bonheur au jour le jour.

Six ans, donc, pour arriver à cette conclusion. Six ans pour arriver à dire "je suis heureuse d'être arrivée jusqu'ici". Je voulais un peu marquer le coup cette année, parce que je ne verse pas trop dans les anniversaires d'habitude, mais celui ci est cool, parce que je peux enfin dire que je suis satisfaite du chemin que j'ai parcouru, et de la destination que j'ai atteint. 

Pour le petit moment vintage, veuillez lire le passage ci dessous :

Je n'ai jamais su commencer un post correctement, tant pis pour vous.
C'est dimanche 19 Octobre 2008, je m'ennuie profondément (genre la vieille excuse), et puis une idée plus que lumineuse a traversé ma tête : Pourquoi ne pas faire profiter tout le monde de mes écrits et de mon style si particulier (j'avoue que le mot "écrit" est assez fort, par contre pour particulier...)
Je sais que le monde ne va pas fort.
Je sais que la création de ce blog peut faire tourner la terre moins vite.
Je sais pas toucher mon nez avec ma langue, mais ça c'était hors sujet.
Mais je dis tant pis, je crée un (énième) blog, c'est pas graaave (sauf pour mon égo, hahaha), je continuerai à vivre et c'est le principal (ou pas).
   Pour faire vite, j'vais juste pour commencer mettre tous les articles que j'avais tapé avant (donc les habitués -s'il y a des habitués, personnellement j'en doute- c'est normal si vous lisez trois quatre fois les mêmes choses, non je ne suis pas devenue sénile et je ne radote pas. Pas encore, en tout cas.)
Quant à l'éternelle question Qui je suis, pitié, ne vous la posez pas, car je ne peux pas répondre à cette question, j'arrive pas à y répondre sans me croire sur Meetic.Com, c'est pas trop mon truc les descriptions (ce que vous auriez déjà sûrement remarqué).
Feune. Je n'aurais rien à ajouter de plus pour le moment. 
    Vous êtes particulièrement chanceux.

 

... voilà, voilà. Et, un peu cliché, mais merci à ceux qui me lisent, qui me retournent leurs pensées - positives ou non, merci à ceux qui m'ont lu mais qui ne me l'ont jamais dit, merci à ceux qui m'ont accompagnée pour une plus ou moins longue période durant ces six ans, merci à ceux qui sont toujours là, à ceux qui sont partiellement là, à ceux qui brillent par leur absence. Merci à toutes les personnes que j'ai croisé durant ces six dernières années, sans exception, car elles m'ont toutes appris quelque chose. Et merci à mes amis, qui m'ont toujours laissé exister comme je le voulais, même si ça n'est pas la chose la plus facile à faire (surtout quand je crie partout et que je me roule par terre juste parce que je trouve ça rigolo). 

 

Mystery machine cartoon version-ScoobyDoo