Le dernier mois a été plutôt riche en enseignements, donc fidèle à ma plus vieille habitude, je reviens noircir quelques pages web de ma logorrhée mentale, histoire d'y faire le tri, et d'y voir un peu plus clair. 

Je voulais écrire quelque chose de positif, car je m'efforce toujours de consigner mes pires pensées, mais jamais les lumineuses, jamais celles pleines d'espoir. J'en ai, parfois, qui partent & virevoltent aussi vite que Valls quitte le PS.

Je voulais raconter la première fois où j'ai réussi à méditer. Cela fait plusieurs années maintenant que j'essaye de devenir Aang (déjà parce que moi aussi j'ai envie de me raser le crâne, parce que je suis persuadée que mon élément c'est l'air, et parce qu'accessoirement je dois également avoir le même montant de centimètres) et de maîtriser un état d'Avatar, et bien que je suis descendue (ou montée, selon les jours) plusieurs fois dans mon esprit, je n'y ai jamais été apaisée. Je n'arrive pas forcément à combattre mes pensées - vous savez, la dernière fois j'ai lu "Jardin des Planctons" à la place de Jardin des Plantes et j'étais morte de rire en imaginant Plankton de Bob l'éponge envahir un jardin entier, PAR EXEMPLE -, je suis plutôt du genre à me laisser emporter par mon flot (flow ? i wish)(ou fléau ?)(stop les parenthèses multiplicatrices), et à ne jamais savoir m'arrêter. Et bien, récemment j'ai réussi à me faire revenir à moi-même, à observer mes pensées, et à revenir en méditation, et ça pour moi, c'est beaucoup. Je suis affligée par mes propres pensées la plupart du temps, j'ai tendance à penser que mes états négatifs persévèrent et ne partiront jamais, ne me laisseront jamais tranquille, je suis d'avis à penser que je resterais aussi pessimiste toute ma vie, et que ma déprime me collera au train aussi bien qu'un chewing gum s'accroche à la semelle d'une vieille basket : sans que l'on s'en rende compte, on a déjà parcouru des kilomètres avec, et avant qu'on puisse penser à l'enlever, il a déjà infiltré les rainures de la chaussure, et on ne peut plus s'en débarasser. Je suis persuadée que je n'évoluerais jamais (c'est comme si j'avais un très mauvais maître pokémon, ou alors il m'aime pile comme je suis)(je n'ai jamais joué à Pokemon), et donc il est DUR de me dire qu'un jour j'arrêterais de faire mon ado déprimée de tout, de me dire qu'un jour moi aussi j'aurais des relations stables, un cercle d'amis que je verrais régulièrement, que j'arrêterais de piquer des crises de colère pour des choses au fond insignifiantes.

Mais là, j'arrive à revenir à des états neutres. C'est pas tout le temps, c'est pas rapide, mais j'arrive à changer mon paysage mental par ma volonté. Et je crois que ça ne m'était jamais arrivé avant. Du coup, c'est déjà sacrément positif. Forte de cette nouvelle capacité (sagesse +14), je me suis adonnée de manière plus fréquente à la méditation - c'est toujours plus plaisant de s'engager dans quelque chose que l'on réussit, bien que le but de la méditation soit justement... de ne rien changer et d'apprécier les choses telles qu'elles sont. Et pour la première fois de ma vie (encore une fois), j'ai réussi à méditer durant une vingtaine de minutes. Je n'ai jamais réussi à méditer longtemps parce que lorsque je faisais "le vide" dans mon esprit, j'y retrouvais certaines images mentales difficiles, et surtout je m'entendais en continu m'insulter et me dénigrer. Je n'arrivais pas à me battre contre ça, et ces 5 minutes de méditation étaient déjà épuisantes, je finissais par pleurer, ce qui me déshydratait, parce qu'on est en plein mois de Juin à Montpellier et chaque goutte d'eau devient vitale. Je n'aimais pas méditer pour me rendre compte qu'au plus profond de moi-même, je me hais, et ça, ça n'a pas changé d'un iota depuis des chandeliers (lustres, chandeliers ? vous voyez ma blague ?). Avant de comprendre que méditer n'allait pas m'aider à combattre ces pensées morbides, mais à les accepter, et à ne plus leur prêter attention. J'ai été libérée d'un poids tellement énorme lorsque j'ai compris ça. Que je n'allais plus gaspiller mon énergie à ne pas être ce que je suis (un coton-tige mi gothique-mi marshmallow), mais que j'allais m'employer à faire ressortir le meilleur de moi-même (et vu qu'il y a pas grand-chose, ça facilite la tâche). 

Et donc pour revenir à nos brebis, cette fameuse méditation de vingt minutes (la seule à ce jour), j'étais comme sur un pétale dans mon esprit, et j'étais en sérénité, et je flottais parmi tout ce que j'étais, et pour une fois j'étais pas prise de violents relents de vomi parce que je me dégoûtais, j'étais apaisée, et ça fait la différence. J'ai vu pourtant les mêmes choses, mais mon regard a changé. Et, au fond, de nulle part, j'ai entendu mon cerveau me répéter en boucle "ça ira, ça ira, ne t'inquiète pas ça ira", et ça m'a tellement frappée que j'ai ouvert les yeux, et je me suis mise à pleurer, pleurer, pleurer, de soulagement. Donc je voulais quelque part faire honneur à cette pensée, et au fait que parfois, je suis capable de m'attirer aussi de bonnes foudres (comme un orage rafraîchissant après trop de chaleur). 

 

Sinon, mon anniversaire approche à petits pas petits petons, et ça, par contre, ça m'apaise pas du tout. C'est toujours pour moi l'occasion de faire le bilan et d'être déçue (mon humeur number one), parce que je considère que je ne fais rien, ou que je fais de la merde. Cette année, malgré mes nouvelles aptitudes bouddhistes, je n'ai pas échappé à la règle et ça fait bien un mois que je me morfonds POUR UNE PUTAIN DE DATE. Alors j'ai essayé de méditer dessus, et il en ressort qu'au delà de la haine que je me porte, je n'aime pas les anniversaires parce que je ne vois pas l'intérêt de les célébrer. Dans ma grande tradition nihiliste, je trouve que nous sommes juste un amas de cellules qui se prend un peu trop au sérieux, et j'attends sagement la mort. Dans le sens où c'est tout de même l'un des derniers gros mystères qu'il nous reste à élucider et que je suis trop curieuse. Je fais ma vie comme on va au lycée, en attendant d'en être libérée, et en essayant de m'autoriser le plus de libertés possibles pour que mon temps paraisse moins long.  J'ai hâte de mourir, non plus par amour pour les sphères suicidaires, mais parce que ça m'intrigue réellement, tout comme quand j'avais cinq ans et que j'avais passé une demi-heure à faire le deuil de la première mouche que j'ai tué. Je crois que c'est là que je me suis demandée au fond à quoi ça rimait d'être en vie, si tu pouvais mourir comme ça, d'un revers de main infligée par une gamine qui était trop occupée à gérer les disputes de ses amis imaginaires. Je veux dire si moi j'arrivais à faire ça, à tuer un être vivant, alors nul doute que des animaux plus grands allaient avoir envie de me tuer aussi, et le pourraient, sans grands efforts. La seule différence, c'est que du côté des humains, on a la loi et les prisons, et on a beau aller en prison en torturant des chats, on n'enverra jamais personne en prison pour avoir torturé des fourmis. Alors okay, c'est bien beau d'avoir réussi à construire la société, d'avoir réussi à établir des règles tacites entre peuples, mais le résultat est que nous ne valons pas mieux qu'une mouche. Nous sommes des parasites à la surface de la terre qui ne pensent qu'à eux-mêmes, et on ne se rend pas compte que nous ne sommes rien. 


Mais c'est ce qui nous rend si extraordinaires. Ma chatte regarde toujours sept fois à droite ET à gauche lorsqu'elle traverse pour ne pas se faire renverser, et moi, j'ai la prétention humaine de parfois ne même pas me fader un regard avant de me lancer sur la route. J'ai confiance (comment & pourquoi, ça me dépasse, car je croyais pourtant ne faire confiance à personne) que je ne mourrais pas aujourd'hui, et ça me suffit comme croyance pour me lancer dans des actes irréfléchis. On a pourtant la capacité cérébrale pour trouver la vitesse de la lumière et inventer le concept mathématique d'intégrales, mais on est toujours en train d'appuyer plus fort sur le bouton de notre télécommande en croyant que ça marchera mieux. Incroyable de voir comment l'humain peut avoir de multiples facettes.

Je reste donc bien fidèle à ma condition humaine, heureuse de savoir mieux appréhender ma vie sur terre et ce que je suis, mais tout de même un peu déçue d'être forcée à rester jusqu'à la fin de la fête. Je n'aime pas les fêtes. Je reste persuadée que ça n'est pas mon monde (je ne rigole qu'à moitié lorsque je dis que le docteur est ma religion), je dois venir d'une planète où personne ne se parle, excepté en musique et pour se donner du chocolat. Je ne me sens pas à ma place, et je crois que ce sentiment perdurera (à tort, sûrement), et je ne vois pas l'intérêt d'être heureuse de tout ça. 

Mais c'est bien là mon problème avec la vie : je ne vois pas l'intérêt d'être heureuse de choses naturelles. Bien que je sois heureuse de voir des choses naturelles (je rêverais de voyager autour du monde pour me remplir les pupilles). Dualité à la con.