Bonjour papa,

 

Sache que tu me manques aussi, peu importe l'âge ou les circonstances, je pense qu'il est toujours difficile de vivre sans père. J'aimerais que l'on ait une relation normale, j'aimerais pouvoir te pardonner, parce que cela voudrait dire que je serais guérie de toutes ces histoires.

Mais, comme tu le sais, à ce jour, je suis toujours en colère contre toi, papa.

 

Depuis que nous nous sommes éloignés, beaucoup de changements ont eu lieu. A commencer par le fait que je me sens globalement mieux dans ma vie, j'arrive à faire des projets, à aller de l'avant. Je suis moins stressée, moins pessimiste. Je m'aime beaucoup plus – chose qui ne m'était jamais arrivé par le passé.
Maman va beaucoup mieux aussi. Il y a toujours des hauts & des bas, certes, mais depuis que tu n'es plus dans sa vie, les choses s'améliorent pour elle.
J'aimerais penser que c'est le hasard, mais cela n'est pas le cas. Vivre avec toi a été douloureux, et a laissé des séquelles, papa.

 

Nous avons eu plusieurs discussions sur ce qui a été fait, sur ce que je te reproche. Je te reproche toujours les mêmes choses.

 

Je te reproche le fait de ne jamais m'avoir soutenue dans ce que je faisais, je n'ai jamais eu ton approbation, ou des compliments de ta part, sur ce que j'ai pu accomplir dans la vie. J'ai tellement cherché ton approbation dans tout ce que j'ai fait, et des années plus tard, je ne me rappelle pas d'une seule fois où tu m'as félicité. Pas une seule.
Je me rappelle au contraire tes paroles dures, qui me tiraient vers le bas. Lorsque j'ai pris le bus quelques heures avant le concours des Beaux-Arts, je me rappellerais toujours ce que tu m'as dit.
Tu m'as souhaité d'échouer. Ce sont les mots qui sont sortis de ta bouche, papa.

Et, tu vois, je ne peux pas les oublier. Parce que je ne comprends pas quel genre de père souhaiterait à sa fille d'échouer.

Et je l'ai eu, ce concours. Sans jamais avoir pris un seul cours de dessin, sans jamais avoir fait aucune prépa.

Mais tu sais quoi ?
J'étais tellement sûre que j'étais une merde, que je n'ai jamais continué sur cette voie.

Ça, je l'ai pardonné. Je fais d'autres choses artistiques désormais, et je ne me suis jamais sentie aussi bien dans ma peau.

 

Depuis que nous ne sommes plus proches, certaines choses me sont revenues, aussi (les bizarreries de la mémoire). Je me rappelle de très peu de choses de toute mon enfance, mais certains souvenirs refont surface.
Je me rappelle de la première raclée que tu m'as donnée. Je devais avoir 3 ou 4 ans,on habitait toujours au Val Fourré, et je ne sais plus pourquoi, j'étais très en colère contre toi ce jour-là. Je me rappelle avoir écrit dans la poussière du meuble télé que je te haïssais. J'ai écrit très exactement « Papa je te hais ». Je m'en rappelle.

Et tu l'as vu, et je me rappelle de ton regard. Plein de haine. Tu m'as attrapée, et tu m'as fessée jusqu'à ce que je pleure, jusqu'à ce que j'en crie. Je me rappelle de mes larmes, et toi qui ne t'arrêtais pas. Alors je comprends qu'en tant que père, tu as dû te sentir lésé que j'écrive une chose pareille. Je comprends que cela ait pu te faire mal. Mais me frapper, à ce point ? Mon interrogation est là.

 

Dans le même genre, je me rappelle d'un soir où maman n'était pas là, bien des années plus tard, c'était à Limay, à Jean Zay. Ysa était atteinte d'énurésie (encore une chose qui s'est arrêtée une fois que tu nous a quitté, qui me pousse à penser que vraiment, nous allons mieux sans toi). Je devais avoir 8 ou 9 ans, donc ça veut dire qu'Ysa en avait 4 ou 5. Elle voulait maman pour dormir. Tu lui répétais, énervé, que maman n'était pas là. Alors on est parties se coucher. Elle a fait pipi au lit. Tu es venu dans la chambre, et tu l'as frappée tellement fort, papa. Elle pleurait, elle n'arrêtait pas de pleurer – et tu continuais. J'étais pétrifiée. Dès que tu es rentré dans la chambre, même le chat est parti en courant. Pour dire à quel point ta colère était terrifiante.

Là, ce n'est pas à moi de te pardonner. C'est à Ysa.

Moi, j'essaye de me pardonner de n'avoir rien fait à ce moment là. De n'avoir rien dit à maman. De ne pas avoir compris, en fait, ce qu'il se passait.

 

Je me rappelle une fois également chez Mamie. Tu t'es disputé avec maman. Tu lui as envoyé une brosse à cheveux dans la tête. Tellement fort, la brosse à cheveux s'est pétée en deux sur son front. Je m'en rappellerais toute ma vie. Maman aussi, parce qu'elle a toujours la cicatrice.

J'ai beaucoup de mal à pardonner la violence physique, papa. Mais ça n'est pas à moi de te pardonner pour ça : c'est à maman de voir.

 

Je te reproche le fait de ne pas avoir joué ton rôle de père durant mon adolescence. Tu sais, quand on sortait en concerts, tu buvais, et tu me laissais boire. J'avais 13 ans. Tu le savais. Tu ne m'as jamais rien dit, aucune réflexion. Je pensais, à l'époque, que tu étais un papa cool.

Maintenant, avec le recul, je me rends compte que c'était de la négligence. Je t'en veux pour ça, parce que tu sais, quand on commence à boire jeune, après on boit beaucoup plus, et les risques d'alcoolisme sont élevés. J'aurais aimé que tu joues ton rôle de père. A la place, je n'ai jamais arrêté, et j'ai commencé à boire sérieusement au lycée. A 16 ans, je buvais des bouteilles de vodka au lieu d'aller en cours. Je ne sais toujours pas comment j'ai fait pour avoir mon bac.

Ça, je te pardonne aussi – j'aurais pu, et du, demander de l'aide quand je me suis rendue compte que ma consommation était anormale pour mon âge.

Surtout, j'ai compris mon alcoolisme, encore une fois avec le recul. Je ne bois plus comme avant. J'ai réussi à avoir une consommation « normale ».

 

Et tu ne t'en es jamais rendu compte, peut-être, que j'ai passé mon lycée à boire. Parce que toi-même tu buvais. Tu sortais, et rentrait éméché à 3 heures du matin, en réveillant tout le monde. Au début, j'étais là pour toi. Je me rappelle que je prenais soin de toi. Je te disais de te laver les dents, de parler moins fort pour ne pas réveiller tout le monde. Je te demandais d'aller te coucher, tout simplement, pour que tu dessoûles.
Et puis, les choses se sont envenimées.

Tu as entièrement perdu le contrôle sur ta boisson. Tu dépensais tout l'argent que nous avions pour sortir. J'ai retrouvé des tickets de caisse d'une centaine d'euros provenant de bars.
Ce sont des bars où je ne suis jamais allée, parce que tu vois, ça me rappelle de trop mauvais souvenirs.


Et tu devenais violent quand tu rentrais. Jamais physiquement avec nous, non, mais tu hurlais et tu terrorisais tout le monde.

Tu nous faisais tellement peur, papa, que j'enfermais Ysa & Talitha dans leur chambre, quand je t'entendais claquer la porte du bas de l'immeuble. Est-ce que tu te rends compte de la gravité de la chose ? Je préférais enfermer mes sœurs plutôt que tu sois près d'elles.

Je ne dormais plus très bien, parce que j'avais toujours peur du moment où tu allais rentrer. Toujours. Et je voulais être prête pour mettre mes sœurs à l'abri. Je préférais que tu t'en prennes à moi, plutôt qu'à elles. Elles étaient tellement jeunes.


C'est une période confuse de ma vie, où je n'allais plus en cours. Ça non plus, tu ne t'en es jamais rendu compte. Parce que tu n'étais pas là. Je me rappelle juste attendre, effrayée, que tu rentres. Une fois que tu étais là, que tu criais, tu te fatiguais, et tu dormais. Je ne m'endormais qu'à ces moments là.

J'ai commencé à fumer de l'herbe pour dormir à cette époque là. Parce que je ne dormais plus.

Et, un soir, ou une journée (je ne me rappelle même plus), tu es allé trop loin. Tu faisais trop de bruit. Non seulement nous, mais également tout l'immeuble, papa. Là, je sais que j'ai appelé la police. J'ai aussi appelé la DDASS, parce que je pensais à mes sœurs, je me disais que ça n'était pas un environnement propice pour elles. J'ai entendu la police à l'autre bout du fil me rétorquer qu'ils ne pouvaient rien faire, parce que tu étais dans ton domicile. Parce que tu étais à ton domicile, tu avais le droit de nous crier dessus comme des merdes, de nous insulter. Je ne me suis jamais sentie aussi impuissante de toute ma vie. Pareil pour la DDASS : pour le moment, rien ne pouvait être fait. J'avais l'impression de remuer ciel et terre, et rien ne s'arrangeait jamais. Personne n'était au courant. Je me suis sentie tellement seule et désemparée à ces moments-là.


Et puis, tu l'as appris. Tu as appris que j'avais voulu te dénoncer aux flics. Tu l'as très, très mal pris. A partir de ce jour-là, tu m'as haï, papa.

Lorsque tu rentrais, bourré, tu venais directement dans ma chambre.

Tu m'insultais de tous les noms. Très précisément, tu m'insultais de pute, de petite pétasse parisienne, de connasse. Et j'avais l'impression que c'était ta seule occupation : boire, rentrer à l'appartement, aller dans ma chambre pour m'insulter. Je ne sais même pas combien de temps ça a duré.

Je sais juste qu'à un moment, un soir, j'ai perdu patience. J'ai commencé à répondre, parce que je ne supportais plus tout ça : je ne te supportais plus. Et on a commencé à se battre. Je n'ai jamais rien eu, parce que tu étais trop saoûl de toute façon pour vraiment me frapper, tu ne tenais pas debout.
Mais on en est venus aux mains, toi et moi. Encore des années plus tard, je dis que tu n'es pas violent.

Mais tu étais violent, papa. Une fois, tu as fait un trou dans un mur : trop bourré, trop énervé. Je suis juste contente du fait que ce coup de poing n'ait touché personne.

Et, tu sais quoi ?
Je crois que quelque part, je te pardonne pour tout ça, parce que tu étais alcoolique. Je sais que l'alcool peut amener les gens à faire des choses qu'ils ne feraient pas en temps normal, je connais l'addiction, je connais le déni. Tu nous a fait souffrir, et je t'en veux, mais quelque part, je suis contente que tu aies une excuse. De pouvoir me dire « oui, il a fait tout ça, mais il avait bu ».

 

Je te reproche le fait d'avoir trompé maman pendant toutes ces années. En fait, c'est même pas le fait de l'avoir trompée que je te reproche : c'est la manière dont tu as traité maman, jour après jour. De lui avoir menti, jour après jour. De lui dire des paroles méchantes, et dénigrantes, jour après jour. J'étais là, je m'en souviens.
Je me souviens d'une multitude de moments, où tu prenais plaisir à la voir être de plus en plus mal.

Et, encore une fois, je me demande : tromper sa femme, c'est une chose, mais l'enfoncer et la maltraiter psychologiquement, c'est autre chose.
Tu n'as jamais réagi lorsqu'elle ne pesait que 45 kilos.
Tu ne l'as jamais encouragée à aller mieux, à se soigner, à prendre soin d'elle.

Non, tu as préféré lui dire à quel point elle n'était plus attirante dans tes yeux. Tu as préféré lui retirer toute sa confiance en elle, au moment où elle en avait le plus besoin.
Ça, tu vois, je ne te le pardonne pas. Je ne te pardonne pas de l'avoir laissée mourir, et de n'avoir eu aucune, je dis bien aucune, réaction bienveillante à son égard. Tu n'avais pas l'excuse de l'alcool. Ce sont des choses que tu pensais réellement. Je ne pardonne pas la maltraitance psychologique.

 

Il y a particulièrement un moment que je ne te pardonne pas : c'est le moment où j'ai compris que tu étais dénué de toute empathie. Le moment où j'ai compris que maman n'était, au final pas grand-chose pour toi. Un jour, elle était dans la chambre, déprimée.

Elle buvait et avalait ses comprimés un à un. Je le sais, parce que je suis rentrée dans sa chambre, parce que je m'inquiétais pour elle. Je l'ai trouvée l'air hagard, elle ne parlait plus correctement.

Alors je suis partie te voir. Je m'en rappellerais toujours : tu étais assis, dans le salon, tranquillement, sur ton ordinateur portable. Tu écrivais sûrement à l'une de ces multiples maîtresses que tu avais à l'époque. Je t'ai dit que maman était en train de faire une tentative de suicide dans la chambre.

Et tu m'as calmement répondu : « Je sais, qu'est-ce que tu veux que j'y fasse ? ».

Et je t'ai demandé d'y aller, de l'aider, de réagir. J'étais tellement en colère par ta réponse. Je ne comprenais pas comment moi, adolescente, pouvait être autant affolée par la situation, tandis que tu exhibais un calme absolu. Tu m'as même dit que si ça me tenait vraiment à cœur, c'était à moi de réagir, à moi de faire quelque chose.

Et là, ton regard papa. Ton regard tellement vide de tout sentiment, tellement vide de sens.

C'est là que j'ai compris. Que j'ai compris, dans mes tripes, que tu étais dénué de toute humanité.

Quelques années plus tard, je crois que j'ai même compris où tu voulais en venir : tu aurais aimé que maman meurt ce jour-là. Comme ça, tu te débarrassais d'elle sans avoir à divorcer. Tu aurais gardé tes enfants, l'appartement, tu aurais été libre pour tes autres conquêtes. Je crois, sincèrement que c'est ce que tu voulais. Et, tu sais, j'espère me tromper. Mais j'ai la certitude que c'était ton intention.

Ça, je crois que je ne te le pardonnerais jamais.

 

Tout ça, tout ce que je t'ai cité, ça n'est pas ce qui m'a fait le plus mal. Ça n'est pas ce qui a brisé notre relation. Ce qui a brisé notre relation, c'est tout ce qu'il y a eu après.

Quand maman a eu le courage de demander le divorce. Elle avait appris que tu avais une garçonnière au centre-ville, tu dépensais 400€ par mois pour faire je ne sais quoi en dehors de ton domicile.

En fait, tu as abandonné ton domicile, et tu nous a laissé toutes les dettes.
Maman a été exemplaire tout au long du divorce, et s'est battue pour ne pas avoir à payer un centime de ce que tu as dépensé.

Tu nous menais à la faillite.

Maman a dû déménager, parce qu'elle ne pouvait plus payer le loyer. On commençait à lui parler d'exclusion – avec deux enfants encore à charge, ça fait mal.

 

Ce qui a brisé notre relation, c'est ton attitude durant ce divorce, une attitude d'enfant. Tu as tout nié en bloc, tu n'as voulu prendre la responsabilité de rien.

Tu as entièrement retourné la situation à ton avantage, en te faisant passer pour la victime, tu expliquais, larmoyant, que maman t'avais mis à la porte, pauvre de toi.

Tu disais que tu n'avais pas un sou, que tu avais du mal à payer tes dettes, que tu ne gagnais pas beaucoup – mais tu es fonctionnaire, papa. On a pu trouver un fichier en ligne, de l'éducation nationale, où l'on a appris que tu gagnais au moins 2600€ par mois.

Pour toi TOUT SEUL.

Maman a vécu avec 800€ par mois, avec deux enfants à charge.

Et tu le savais, tout ça. Mais ça n'a rien changé à ta stratégie de lâche, qui a été de te défiler de toutes tes responsabilités. Toutes. Tu as été égoïste, et menteur, papa, pour ton seul intérêt.

 

Pire que ça, tu as osé dire aux avocats qui te défendaient que c'était maman, la personne violente au sein du couple.

Tu sais que je me pose vraiment la question : est-ce que tu crois en tout ça ? Est-ce que tu as réussi à te convaincre de tes propres mensonges ? Ou est-ce que c'était calculé pour que le divorce soit à ton avantage ?

Je ne sais même pas ce qui serait le pire entre ces deux options.

Tu m'as assigné en justice un nombre incalculable de fois, parce que tu ne supportais pas de me donner 200€ par mois de pension alimentaire. J'ai été obligée de te rappeler que lorsqu'on fait des enfants, papa, on doit s'en occuper. Moi je n'ai jamais demandé à naître. Et tu sais quoi, maman ne voulait pas d'enfants non plus. Quelque part, je suis née parce que TU avais envie d'avoir des enfants.

 

Alors, quand tu dis que je te manque tous les jours, j'ai bien envie de te répondre que toi aussi, tu me manques. Mais, après je me rappelle que je vis beaucoup mieux sans toi. Que tu as été néfaste pour moi, pour mon développement, en tant qu'adulte. Je me rappelle que tu n'as jamais été là pour moi, et que tu m'as toujours tirée vers le bas. Et je ne veux plus vivre ça, parce que j'aime être heureuse.

 

Et quand tu dis que tu m'aimes, j'en doute, sérieusement. Je pense que tu aimais l'attention que je te portais. Parce que tu étais mon papa. Tu aimais sentir que tu étais aimé. Parce que je t'ai aimé. Parce que je t'ai respecté. Parce que je t'ai admiré : ça n'est pas pour rien que j'aime écrire, avec tous les livres que tu avais à la maison. Ça n'est pas pour rien que j'ai fait de la guitare, parce que je pensais qu'un jour, on pourrait jouer ensemble. En 4 ans, où l'on a vécu côte à côte, dans la même maison, tu ne m'as jamais rien appris de ce que tu savais, et nous n'avons jamais joué ensemble. Ce sont les petites choses, comme ça, qui me montrent l'intérêt que tu avais à mon égard : il était proche de zéro.

 

Tu aimais le fait d'être entouré, d'avoir ta femme qui t'attendait sagement à la maison, qui t'a aimé, de toutes ses forces. Je n'ai jamais respecté quelqu'un autant que maman, et c'est l'une des raisons : malgré tout ce que tu lui as fait, papa, malgré tout ce que tu lui as fait subir, tout le désamour que tu avais pour elle... Elle n'a jamais faibli devant ses responsabilités. Elle t'a aimé.

Je suis tombée, durant un déménagement, sur un mail qu'elle t'a envoyé, celui où elle t'annonçait le divorce. Elle a écrit, très simplement, qu'elle demandait le divorce parce que tu l'avais trompée. Et seulement parce que tu l'avais trompée, non pas pour toutes les autres crasses que tu lui as faites.

Ça, c'est de la force, inouïe. J'espère en être digne un jour.

Heureusement que maman était là pour nous, papa, à elle seule, elle a fourni l'amour nécessaire à ses enfants pour remplacer tes méfaits.

 

Je ne pense pas que tu m'aimes, parce que je pense que tu ne sais pas aimer.

Et, crois le ou non, j'ai de la peine pour toi, parce qu'aussi fou que cela puisse paraître, je sais que tu souffres.

Mais, tu sais, on s'était déjà échangés quelques mots à l'issue du divorce, et je t'avais simplement dit que j'attendais des excuses pour tout ce que tu avais fait. Après tout ça, la seule chose que je te demandais, en fait, c'était de reconnaître tes erreurs. D'accepter que tu avais fait beaucoup d'erreurs, et de t'excuser, sincèrement, pour celles-ci.

Tu m'as répondu dans un long email que tu étais la victime, et que je ne comprenais pas. Et tu as raison, je ne te comprends pas.

 

Voilà, maintenant, tu sais exactement ce que je t'ai pardonné, et ce que je ne te pardonnerai jamais.

En même temps, il m'est difficile de pardonner une personne qui me rétorque qu'elle n'a rien fait de mal.

 

Tu me manques aussi, mais je préfère ça. Je préfère ne pas avoir de père pour l'instant, plutôt que te laisser revenir dans ma vie. J'ai envie que tu ailles mieux, mais ça ne sera pas au détriment de mon bien-être. Tu n'as toujours pensé qu'à toi, alors c'est de bonne guerre si je commence enfin à penser à moi.

 

Je t'embrasse, et je te souhaite d'aller mieux, papa. Il existe encore une partie de moi qui t'aime.

 

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