Pas de sourire sur mes lèvres, chaque jour qui se lève, mes sentiments sont morts ce soir
L'impression latente d'être une passoire qui ne retient rien, je vous jure, ça me soule. La seule chose que je retiens c'est mon seum, et ça commence à me courir sur l'aubergine (c'est mon légume préféré je crois, je n'aime pas les haricots).
J'allais dire que je ne sais plus où j'en suis, mais si je sais, je sais exactement où j'en suis, je suis sur cette limite où je me prépare à craquer, comme d'habitude, et je lutte, comme d'habitude, parce que je suis têtue, parce qu'au fond, j'aime bien être bien, je veux être bien. Comment on fait pour ne pas s'effondrer à chaque pas ? Comment vous faites ?
Je sais bien que le soleil ne brille pas éternellement, j'ai bien compris la leçon, mais comment on fait pour garder cette chaleur jusqu'au prochain jour ? C'est quoi, votre continuité ?
Je crois que je n'en ai pas. J'essaye tellement plein de combinaisons, genre la vie c'est un rubik's cube, et même si j'ai la combinaison parfaite, j'ai envie de l'exploser contre un mur. Je disais y'a longtemps sur ce blog que j'étais insatiable et insatisfaite, et en fait, rien ne change, peu importe ce que j'entreprends, j'ai beau avancer, voir la lumière, en profiter, savoir que c'est possible, je suis toujours à côté, je suis toujours à côté de mes pompes, et ça me pèse de devoir batailler contre moi même.
Alors on m'a dit de m'accepter, et j'ai accepté, j'ai accepté la part de violence en moi, les trucs pas cools, j'accepte ma part d'ombre, mais je crois que vous réalisez pas, mon ombre est géante, elle m'engouffre, elle m'attrape par les pieds et me jette dans la Vologne, je sais pas, en fait, si accepter cette part d'ombre est bénéfique.
Je crois que je suis tellement fatiguée de moi que je ne cherche même plus de bénéfique, je cherche juste le neutre, la paix, je veux arrêter de me sentir comme une merde alors que tout va bien, je sais pas, j'ai le vide, le vide constant, et ça, ça vous savez pas à quel point ça bouffe, de le remplir en continu pour se sentir quelqu'un, alors qu'en fait on est rien. Passoire.
Tout me traverse et rien ne reste, j'ai l'impression d'être un courant d'air, d'être là et jamais vraiment présente à la fois, j'ai l'impression d'être une coquille, d'être un trou mortuaire, un trou noir, un truc qui absorbe tout ce qui se présente.
Alors j'ai cherché l'intensité, j'ai cherché le calme, j'ai cherché le bien, le mal, mais rien à faire, y'a rien, rien, rien qui fait bouchon, rien qui arrête mon vide, je suis fatiguée, tellement fatiguée, de remplir ce rien. Je pensais naïvement que je garderai mieux les lumières que les ombres, mais non, je consume tout, je sais pas comment ça se fait, je sais pas pourquoi je suis abyssale comme ça.
J'ai rien demandé. Rien rien rien, je fais de mon mieux, et j'y arrive pas, et même quand j'y arrive, j'y arrive pas, et je vois bien que personne me comprend, je vois bien que j'ai un cerveau cassé qui comprend rien à la vie, je galère à vous comprendre tout le temps, je vois pas comment faire, en fait.
J'ai l'impression d'être tellement seule, tellement seule à vivre ça, je ne sais même pas quoi en faire, de cette solitude, je suis entourée, j'aime les gens, mais je suis tellement loin, j'y arrive pas, j'arrive pas à connecter, et ça me fait mal. Je vois bien qu'il y a un truc qui tourne pas rond chez moi, je le sens, depuis gamine je le sais, et on me dit que ça va s'arranger, et j'essaye, je fais tout pour je vous promets, mais les crises sont les mêmes
les moments de vide sont les mêmes
la souffrance est la même
J'arrive à respirer, ça, j'ai appris, mais j'ai pas l'impression de souffrir moins, j'ai juste des moments de répits un peu plus longs, et après, la chute, elle est toujours là, et elle est toujours violente, parce que j'ai le cerveau à l'envers qui pige rien, je sais que je suis plus forte, mais j'ai l'impression d'avoir toujours plus de cicatrices, pas de guérir.
Ça recommence, toujours. Le même schéma, ça fait trente deux automnes maintenant, il m'en reste une trentaine à vivre, s'il vous plaît pas plus dans cet état, je suis épuisée, déjà. Je reviens toujours au même point de départ, la même énigme : comment faire ? Pour ne plus ressentir ce vide ? J'ai arrêté le pourquoi, j'ai compris que cette question me sert à rien, y'a pas d'explications qui valent plus que d'autres de pourquoi je suis comme ça, je le suis c'est tout, maintenant faut avancer, je le sais, je continue d'avancer, mais comment, comment vous faites pour sourire quand la seule envie au fond c'est de tout brûler ?
Et je vous vois venir, oui, j'ai des moments de calme, je ne suis pas tout le temps cette boule de rage, mais voilà, ça brûle, il suffit d'un courant d'air et je m'embrase, j'ai aucun contrôle sur ça, je me subis, et je peux pas m'échapper, je peux pas partir de moi, ça serait trop simple. Il suffit d'un moment pour que tout s'écroule, et je dois tout recommencer, toujours, en continu, j'ai aucune fondation solide, vous construisez sur du terrain et moi j'ai que des sables mouvants, j'ai aucune notion de mon futur, parce que déjà le présent, je galère tellement.
Je sais que ma vie est loin d'être la pire, j'ai même réussi à l'améliorer, moi qui pensais que ce serait impossible, mais en fait, j'ai pas l'impression d'en retirer quoi que ce soit. Je me sens quand même pareil, je me sens comme je me suis toujours sentie, en trop ici, je capte rien à comment vous fonctionnez. Puisque je suis passoire.
C'est le gouffre au fond de moi. Et j'y peux rien. J'y arrive pas.
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