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27 septembre 2024

Pas de sourire sur mes lèvres, chaque jour qui se lève, mes sentiments sont morts ce soir

L'impression latente d'être une passoire qui ne retient rien, je vous jure, ça me soule. La seule chose que je retiens c'est mon seum, et ça commence à me courir sur l'aubergine (c'est mon légume préféré je crois, je n'aime pas les haricots).

J'allais dire que je ne sais plus où j'en suis, mais si je sais, je sais exactement où j'en suis, je suis sur cette limite où je me prépare à craquer, comme d'habitude, et je lutte, comme d'habitude, parce que je suis têtue, parce qu'au fond, j'aime bien être bien, je veux être bien. Comment on fait pour ne pas s'effondrer à chaque pas ? Comment vous faites ?

Je sais bien que le soleil ne brille pas éternellement, j'ai bien compris la leçon, mais comment on fait pour garder cette chaleur jusqu'au prochain jour ? C'est quoi, votre continuité ?

Je crois que je n'en ai pas. J'essaye tellement plein de combinaisons, genre la vie c'est un rubik's cube, et même si j'ai la combinaison parfaite, j'ai envie de l'exploser contre un mur. Je disais y'a longtemps sur ce blog que j'étais insatiable et insatisfaite, et en fait, rien ne change, peu importe ce que j'entreprends, j'ai beau avancer, voir la lumière, en profiter, savoir que c'est possible, je suis toujours à côté, je suis toujours à côté de mes pompes, et ça me pèse de devoir batailler contre moi même.

Alors on m'a dit de m'accepter, et j'ai accepté, j'ai accepté la part de violence en moi, les trucs pas cools, j'accepte ma part d'ombre, mais je crois que vous réalisez pas, mon ombre est géante, elle m'engouffre, elle m'attrape par les pieds et me jette dans la Vologne, je sais pas, en fait, si accepter cette part d'ombre est bénéfique.
Je crois que je suis tellement fatiguée de moi que je ne cherche même plus de bénéfique, je cherche juste le neutre, la paix, je veux arrêter de me sentir comme une merde alors que tout va bien, je sais pas, j'ai le vide, le vide constant, et ça, ça vous savez pas à quel point ça bouffe, de le remplir en continu pour se sentir quelqu'un, alors qu'en fait on est rien. Passoire. 

Tout me traverse et rien ne reste, j'ai l'impression d'être un courant d'air, d'être là et jamais vraiment présente à la fois, j'ai l'impression d'être une coquille, d'être un trou mortuaire, un trou noir, un truc qui absorbe tout ce qui se présente. 
Alors j'ai cherché l'intensité, j'ai cherché le calme, j'ai cherché le bien, le mal, mais rien à faire, y'a rien, rien, rien qui fait bouchon, rien qui arrête mon vide, je suis fatiguée, tellement fatiguée, de remplir ce rien. Je pensais naïvement que je garderai mieux les lumières que les ombres, mais non, je consume tout, je sais pas comment ça se fait, je sais pas pourquoi je suis abyssale comme ça.

J'ai rien demandé. Rien rien rien, je fais de mon mieux, et j'y arrive pas, et même quand j'y arrive, j'y arrive pas, et je vois bien que personne me comprend, je vois bien que j'ai un cerveau cassé qui comprend rien à la vie, je galère à vous comprendre tout le temps, je vois pas comment faire, en fait.

J'ai l'impression d'être tellement seule, tellement seule à vivre ça, je ne sais même pas quoi en faire, de cette solitude, je suis entourée, j'aime les gens, mais je suis tellement loin, j'y arrive pas, j'arrive pas à connecter, et ça me fait mal. Je vois bien qu'il y a un truc qui tourne pas rond chez moi, je le sens, depuis gamine je le sais, et on me dit que ça va s'arranger, et j'essaye, je fais tout pour je vous promets, mais les crises sont les mêmes

les moments de vide sont les mêmes

la souffrance est la même

J'arrive à respirer, ça, j'ai appris, mais j'ai pas l'impression de souffrir moins, j'ai juste des moments de répits un peu plus longs, et après, la chute, elle est toujours là, et elle est toujours violente, parce que j'ai le cerveau à l'envers qui pige rien, je sais que je suis plus forte, mais j'ai l'impression d'avoir toujours plus de cicatrices, pas de guérir.

Ça recommence, toujours. Le même schéma, ça fait trente deux automnes maintenant, il m'en reste une trentaine à vivre, s'il vous plaît pas plus dans cet état, je suis épuisée, déjà. Je reviens toujours au même point de départ, la même énigme : comment faire ? Pour ne plus ressentir ce vide ? J'ai arrêté le pourquoi, j'ai compris que cette question me sert à rien, y'a pas d'explications qui valent plus que d'autres de pourquoi je suis comme ça, je le suis c'est tout, maintenant faut avancer, je le sais, je continue d'avancer, mais comment, comment vous faites pour sourire quand la seule envie au fond c'est de tout brûler ?

Et je vous vois venir, oui, j'ai des moments de calme, je ne suis pas tout le temps cette boule de rage, mais voilà, ça brûle, il suffit d'un courant d'air et je m'embrase, j'ai aucun contrôle sur ça, je me subis, et je peux pas m'échapper, je peux pas partir de moi, ça serait trop simple. Il suffit d'un moment pour que tout s'écroule, et je dois tout recommencer, toujours, en continu, j'ai aucune fondation solide, vous construisez sur du terrain et moi j'ai que des sables mouvants, j'ai aucune notion de mon futur, parce que déjà le présent, je galère tellement.

Je sais que ma vie est loin d'être la pire, j'ai même réussi à l'améliorer, moi qui pensais que ce serait impossible, mais en fait, j'ai pas l'impression d'en retirer quoi que ce soit. Je me sens quand même pareil, je me sens comme je me suis toujours sentie, en trop ici, je capte rien à comment vous fonctionnez. Puisque je suis passoire. 

C'est le gouffre au fond de moi. Et j'y peux rien. J'y arrive pas.

 

 

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15 septembre 2024

Du peu que j'ai eu

La nuit, le chat, mes pensées, on ne change pas une équipe qui gagne. Ce que je préfère, c'est laisser les doigts pianoter sur le clavier, laisser la place à l'automatique, l'impression que tout coule de source sans grumeaux. 

Parfois je sais ce que je veux dire, parfois non, et aujourd'hui, c'est juste brouillon. Je sens que j'ai des choses plein la poitrine, alors je reviens ici, dans un sage espoir d'y voir un peu plus clair dans mon embrouillamini de cerveau. Je ne sais pas si les deux grandes forces de ce monde sont le bien et le mal, en ce moment, j'ai l'impression que cela se joue autour de l'action et de l'inaction. Ce que je peux faire versus ce que je ne peux pas faire, même si j'aimerais beaucoup (me téléporter, accoucher de bébés chatons, faire quelques centimètres de plus). 

Je sais que je suis action (même si je préfère répondre vérité la plupart du temps). L'action, c'est mon côté préféré, c'est celui où je m'ennuie le moins. C'est aussi le côté le plus égotique, celui où tu penses que chacune de tes actions a un effet réel sur le monde qui t'entoure (bonjour l'effet papillon)(dans mon cas, c'était effet papillon de nuit plutôt).

Et, en ce moment, j'apprends l'inaction. Je n'aime pas l'inaction, j'ai beaucoup de mal avec ce concept là. Peut être que je n'aime pas être tranquille. Pourtant je passe parfois beaucoup de temps à rien faire en ce moment. Je me sens fatiguée, c'est le mot que j'utilise le plus. Et il fait froid, l'hiver est revenu (oui, je suis dramatique), j'aime pas, moi, le froid. Ça, ça change pas.
Je crois que c'est à cause de cette inaction, que j'ai du mal à accepter, que je ne suis pas tout à fait adulte. Que j'ai l'impression de ne pas l'être, du moins. J'ai clairement l'impression de devoir apprendre à ne plus réagir, et surtout, apprendre que ne pas réagir, ça ne veut pas dire que cela n'est pas important pour nous. Cette inaction me met mal à l'aise, en fait. 
L'impression de toujours devoir courir partout pour éteindre ses feux de faiblesse. En ce moment, je laisse mes feux de faiblesse allumés. Ils s'éteignent et se rallument d'eux-mêmes. Je laisse faire. Ça, ça change.

Cela ne veut pas dire que je brûle. Cela ne veut pas dire que je me consume. Ça veut juste dire que je deviens maître du feu, après maître de l'air. Le secret pour maîtriser le feu, c'est de le laisser s'éteindre. Plusieurs manières existent, et la meilleure n'est pas de courir partout pour chercher de l'eau. La meilleure, c'est d'arrêter de souffler dessus, de couper le feu de son oxygène. C'est donc d'accepter cette nature du feu, si le feu survient, c'est qu'il y a une raison. Tous les feux ne sont pas dramatiques, certains réchauffent, certains laissent place à un meilleur terreau pour les saisons prochaines.

Je crois que c'est ça, ce qui change le plus dans ma vie actuellement, et qui, paradoxalement, me fatigue. J'apprends à rien faire et c'est épuisant. J'apprends à me retenir d'agir, à laisser certains feux follets courir, garder trop de feu pour soi c'est toxique. Et parfois le feu est inévitable.

(Pour ceux qui se demandent, bien sûr que je suis air, je l'ai toujours été, le plus volatil des éléments)

 

13 août 2024

J'vois leur niveau j'me dis que j'peux y arriver [...] Dis moi juste qui va nous diviser ?

Beaucoup d'événements se sont passés ces derniers temps, et j'ai du mal à faire la part des choses. 

J'ai l'impression d'avoir énormément appris : l'impression d'être devenue enfin Tahra 4.0 (je crois qu'on en est à cette version depuis le début de ce blog), la mise à jour a été (très) longue et douloureuse, mais ça y est, j'y suis, je suis repartie. Je suis de nouveau dans ma vie.

 

J'ai eu beaucoup de mal à me comprendre durant l'année passée. J'avais trouvé un CDI que je pensais parfait pour moi, dans le développement (après avoir été charcutière et être devenue végétarienne). Je parlais à mon ordinateur, et après autant de jobs de service, ça m'a tellement reposée. J'ai beaucoup appris sur moi, sur ce langage obscur que l'on nomme le RPG et le moins obscur SQL, j'avais cru trouver ma passion dans les lignes de code. J'ai même adoré coder, c'était marrant, ces énigmes qui te poussent vers le haut à chaque fois. Vers l'infini et l'au delà, c'est comme ça que je voyais ce taff. J'étais enfin devenue Buzz l'éclair, et j'étais fière d'apprendre chaque jour de nouveau. Je vais pas mentir, contente de voir mon compte en banque un peu plus fourni également. 

Mais la stabilité, apparemment, ça a jamais été mon truc, et le travail en CDI non plus. C'était mon premier vrai CDI (à trente et un an, HAHAHA), et en fait, j'ai tenu un an et demi (dont quelques mois d'absence pour cause de kyste et de dépression intense), j'avais jamais tenu aussi longtemps dans un boulot.

J'étais donc persuadée que j'étais au bon endroit. J'avais upgradé selon les conventions sociales admises à mon âge, mais en fait, je ressentais un trou noir dans ma poitrine.

Le trou s'est creusé avec le temps, s'est mué en mélancolie chronique, me faisant petit à petit perdre pied.
Tout simplement me perdre, en fait. Je gagnais des sous que je dépensais, mais excepté ça, je me sentais tellement vide. Petit à petit, de plus en plus vide. Et du vide plus du vide, ça donne pas grand chose de bon. Cela ne s'annule pas aussi facilement, le vide que je ressens.

J'ai fini par me faire licencier pour inaptitude, dans la douleur, totalement dégoûtée de la vie (oui oui), car si je n'arrive même pas à faire un travail qui apparemment me plaît, qu'est ce que je suis capable de faire alors ?

Comment prendre soin de moi, surtout, si j'ai ce sentiment constant d'être alien, de ne pas être à ma place, d'être stressée, de devoir prouver ce que je sais faire à moi-même ainsi qu'aux autres. Ce qui m'a suivi dans tous mes boulots (je vous renvoie à ma profession de charcutière végétarienne). 

J'ai hiberné, longtemps. Je n'ai pas sorti le nez dehors, tellement que j'ai vidé mes ressources en vitamine D (un des effets secondaires de ne pas sortir de chez soi)(ce qui est fort, quand même, quand on sait que j'habite dans la seconde ville la lus ensoleillée de France). J'ai rien fait. J'ai pas écrit une ligne. J'ai lu des livres allongée comme une boulimique de lettres. Je mangeais peu car pas d'envie. Je n'écoutais plus de musique (oui, je n'écoutais plus de musique). J'étais vide, et maintenant, j'étais vidée, dépossédée de tout ce qui me faisait envie, me faisait vivre. 

J'ai vécu des dépressions vraiment pas sympathiques, celle-ci a été une nuit obscure interminable, elle s'est distinguée par sa durée, par son impact sur ma vie sociale, sur ma personne, sur ma personnalité, j'avais l'impression que je me séparais en petits morceaux qui dérivaient dans le monde, que je ne m'appartenais plus. Je me sentais impuissante, face à moi-même que je ne comprends pas, déboussolée comme Ray Charles qui conduirait une Honda sur l'autoroute, et quand je n'arrive pas à faire quelque chose, quand je ressens cette impuissance, ça me rend tellement peu confiante en moi (encore moins que d'habitude, je veux dire).  Alors voir que j'étais impuissante face à ma vie, imaginez seulement mon désarroi. Je crois que j'avais abandonné à ce moment. Je voulais juste qu'on me foute la paix. Qu'on me laisse tranquille. Je mets tellement d'efforts dans ma vie quotidienne, à rentrer dans ce putain de moule, encore et encore, je pensais avoir compris la leçon, mais me revoilà encore à me prendre des murs. 

Et puis, l'éclaircie. Les efforts mis au bon endroit, enfin. Et là, l'été. Je rigole pas, la chaleur de dehors, c'est celle que je ressens dans ma vie actuellement.

Je vais oser l'écrire pour ne pas l'oublier : je n'ai jamais été aussi satisfaite & heureuse de ma vie qu'actuellement. Je veux m'en rappeler, je veux me rappeler que je suis fière, pour une fois, de ce que j'ai accompli, de mon chemin, de mon parcours, de moi, tout simplement. J'ai mis trente deux années à apprendre dans la douleur. Je veux continuer à apprendre car je suis insatiable, mais avec plus de douceur. 

Le secret c'était juste d'aller vers moi-même. De m'accepter. Je sais pas exactement ce qu'il s'est passé, mais la Tahra 4.0 est contente de ce qu'elle fait dans sa vie. C'est un sentiment très nouveau pour moi, d'avoir envie de me lever le matin. Seule. De ne plus ressentir ce poids de la vie dès le début de la journée. 

Je m'aimais tellement peu que j'avais peur de moi. Et, en fait, je suis quelqu'un de plutôt sympa et agréable. J'ai beaucoup de mal à accepter les compliments, mais j'arrive à faire semblant de pas pleurer maintenant qu'on me le dit, c'est vraiment pas mal. Y'a du mieux, vraiment, beaucoup de mieux. 

J'aimerais tellement savoir la recette pour la donner. J'ai les mêmes problèmes que l'année dernière. La même situation financière qu'il y a quelques années (moins brillante que l'année dernière). Je reste la même personne, mais je suis nouvelle. Je suis un bateau de Thésée.

Je n'ai pas la recette, et ça fait partie du jeu. J'ai arrêté de vouloir comprendre les règles, je veux juste profiter de la partie. 

Je suis à l'aise dans ma vie actuellement, et cela m'avait cruellement manqué durant toutes ces années. Je respire au lieu de survivre, j'ai une direction au lieu de flâner sans but. 

Je ressens tellement de reconnaissance, là, tout de suite. Rien n'est rose, je crois que rien ne le sera jamais, mais maintenant, je sais. Je suis soulagée, et sereine. 

Merci.

 

Kesmi, ancien Salon des Indépendants

4 août 2024

Ne m'en voulez pas // All you need is love 4

Alors, la conclusion sur l'amour, donc. Je me targue de savoir aimer en tout moment, mais c'est quelque part faux. J'ai du mal à aimer dans les moments les plus durs, dans l'irrespect de moi-même. J'aime bien être respectée (ce qui n'est pas si bizarre, en soit). C'est l'un des moments où je mets pause, voire même stop à l'amour, parce qu'il nourrit quelque chose de délétère, pour moi, ou pour les autres. 

Sinon, en amour, le terme qui me correspond, c'est libre : j'aime beaucoup de personnes, qui m'apportent toutes quelque chose de différent, qui me fait du bien. Je ne parle pas forcément d'amour romantique, je parle d'Amour. 

Dans l'amour romantique, cependant, je reviens encore et toujours à cette expression de tomber amoureux, qui, je pense, n'est pas là par hasard. On tombe amoureux car c'est inattendu, c'est incontrôlable, cela fait partie intégrale de la sensation de se faire aimer. Si l'on pouvait contrôler d'une baguette magique (bonjour Madame Mim) l'amour des autres, il ne serait pas aussi bénéfique. Si l'on avait le quelconque contrôle sur l'appréciation que l'on nous donne, on chercherait forcément (je pense) (vu l'expression de l'espèce humaine actuelle) à se gargariser, à chercher le positif même lorsqu'on foire quelque chose, ce qui est cool quelque part, c'est lorsque cela se gagne et se mérite. C'est moins cool lorsque cela arrive systématiquement. 

 

Ce qui nous fait grandir, c'est l'incertitude. Alors je ne parle pas de conduire en RS6 sur le périphérique en voie contraire, je parle plutôt de sortir de temps en temps de sa zone de confort, pour évoluer, pour apprendre sur soi. 

Par extension, vu que l'amour est l'une des choses que je gère le moins dans ma vie actuellement (cela serait tellement compliqué à expliquer, c'est la raison de cette série "All You Need Is Love", qui reprend l'évolution et les pensées associées à mes situations d'amour), c'est l'une des zones où l'inconfort me fait le plus de mal.

Dans l'amour amical, aucun souci, ou presque. Cela m'arrive d'être déçue, mais je me relève aussi vite que si j'étais Ling de Tekken, c'est surtout que je sais où j'en suis, je sais m'aimer en amitié, je sais donc donner en amitié. Cela n'est pas le plus problématique pour moi (même si l'on est sur un cas sérieux de "je ne donne jamais de nouvelles, mais je t'aime, hein"), c'est pas rose tout le temps, mais c'est là, ça existe, je sais comment réagir.

L'amour romantique, on est sur une autre étape du Tour. Je sais pas comment l'expliquer, excepté que je pense que je ne sais pas m'aimer romantiquement, alors forcément, lorsque j'essaie d'aimer les autres, c'est bancal. C'est surtout quelque chose qui me demande réflexion et retenue, lorsque l'amour devrait être un sentiment qui se vit à 100%, mais moi non, je me retiens, j'ai comme des rails, un code à suivre, où si j'en dévie, je me sens mal à l'aise. J'ai du mal à l'expliquer encore, je suis en train tout doucement de me remettre au contact de mes émotions, je sais juste que cela me fait des tourbillons (et non papillons) dans le ventre.

 

En fait, je ne sais pas aimer romantiquement. Malgré avoir essayé (trois fois, en pensant que la troisième serait la bonne), je suis perdue dans ce monde des relations. Je sais que je n'ai plus envie de m'oublier, que j'ai envie d'être moi, à 100%, et peu importe ce que cela implique, il faudra bien que je me gère un jour ou l'autre, autant le faire maintenant. Je ne sais pas ce que je souhaite comme relation(s). Je ne sais pas même pas si je suis prête à me relancer honnêtement dedans, pourtant ça a l'air fun comme endroit, les relations sérieuses, mais je sais pas, j'en suis agoraphobe. Je ne veux pas, je ne peux pas m'engager sérieusement dans quelque chose, car à chaque fois, je fais tout, mais vraiment tout, pour ne pas que cela marche.

 

Je crois que ça me rassure, que ça ne marche pas. Parce que si ça marche, j'aurais à apprendre à gérer ça, et je ne sais pas si je suis encore prête. Je me sens dans la vie à peine sortie de mes baby steps, je sais pas si je suis prête pour le grand écart. SI ça marche, je devrais me remettre en question, je devrais souffrir, je devrais accepter d'un jour perdre l'autre (parce que je suis de celles qui croient que de toute façon, on meurt seul - bonjour, j'ai été gothique par le passé)(ce qui explique mon important choix de rouge à lèvre sombres), et je sais pas si je suis prête pour ça.

 

Je sais que j'ai un attachement assez chelou, assez intense dans le début, constant sur la durée, mais qui s'exprime bien différemment selon le contexte. Et moi-même, dans tout ça, dans tout ce maelstrom, je me sens perdue.  J'ai l'impression que je suis bloquée et que je tourne en rond, comme cette fois où le GPS de mon portable a abandonné gauche et droite et a commencé à m'annoncer simplement "Allez vers l'ouest". Le problème, c'est pas que j'ai pas les instructions, le problème peut être, c'est que j'ai pas envie d'y aller. 

J'aime bien encore ce que je vois autour de moi. Je ne suis pas une personne aigrie comme par le passé (cf : les deux tiers de ce blog), je profite de ma vie actuellement, peut être pour la première fois pour de vrai, j'ai enfin envie, enfin réussi à enlever un certain poids sur les épaules, j'ai retrouvé une fougue que j'avais adolescente, et je me sens bien dans ce moment d'appréhension du monde. Vraiment, je me sens bien.

 

Par contre je vois bien qu'en amour romantique ça bloque. Je vois bien que c'est comme le permis : même devant le fait accompli, je vais trouver une manière de partir, de fuir la situation, parce que je ne suis pas à l'aise. 

 

Et vous me connaissez, avec le temps, je ne pense pas être quelqu'un qui ne va pas vers l'adversité. Dans la vie, je me sens comme Lara Croft depuis 1996, je suis là, je reste fière, je m'adapte, je continue. J'ai des mauvaises périodes, je fais des mauvais choix, je le sais, mais je sais où est le fil rouge, et je sais m'y remettre quand il faut.

Sauf en amour. Il n'y a pas de fil rouge. Je réagis tel le chihuahua : 50% de colère, 50% de peur, je sais pas trop où j'en suis. 

Et cela m'interroge.

Beaucoup.

 

amour <3 <3 <3 

30 juillet 2024

Ce qu'on a fait c'est pas comme si on avait le choix // All you need is love 3

J'avais écrit sur le sentiment amoureux il y a peu (All you need is love), sur le fait qu'on tombe amoureux et non pas qu'on s'élève amoureux, et sans grande surprise, aujourd'hui, enfin, j'ai choisi aujourd'hui, j'en ai la confirmation.

Tomber amoureux ça fait mal, en tout cas pour moi, c'est pas le sentiment où je me sens le plus à l'aise, c'est un sentiment qui m'échappe. J'ai du mal quand je suis dans ce sentiment. Je ne m'aime pas quand je ressens ce sentiment. 

J'ai l'impression qu'en moi, il y a une gradation de l'amour, plusieurs niveaux dans mon spectre. Je ressens l'amour, je sais que je suis quelqu'un qui a une capacité d'amour bien trop grande pour mon petit corps et mon petit cœur, je suis au courant. Mais j'ai pas choisi d'être comme ça. J'ai pas choisi de ressentir mille sentiments à la seconde. 
J'ai donc la capacité d'aimer, presque tous les humains (vraiment ceux qui méritent pas mon amour/respect basique sont peu, mais ils existent). J'ai ensuite la capacité de plutôt voir le bon chez les autres (et, entre parenthèses, le mauvais chez moi), c'est le niveau d'après. 
Et puis il y a des personnes qui marquent ta vie, où mon cœur veut se déchaîner, amicalement ou amoureusement, je refais toujours le même schéma. Si je te choisis dans mon entourage, ça va devenir compliqué à gérer pour moi, parce que l'amour que je donne, je le donne sans retour. Alors il ne faut pas que je me trompe. Je pense rarement me tromper. Par contre, souvent, la personne en face ne comprend pas ma manière d'être. Je suis trop. Trop exubérante, trop dans l'euphorie quand tout va bien, trop dans le mal quand tout va mal, trop envie de communiquer avec l'autre. 

Je sais que ce n'est pas un besoin, je vis très bien seule, en tout cas, mieux que la plupart des humains. Cela me dérange pas d'être seule. Mais cela me dérange lorsque je sens que mon amour est trop pour l'autre. Cela me blesse. C'est ma blessure de rejet originelle. J'arrive comme ce personnage de Chihiro au masque blanc, je te donne mon amour, et ça fait peur, ça angoisse, même. Je me trouve mendiante en fait dans mon amour, amical ou amoureux, selon certaines personnes, et je ne m'apprécie pas quand cette image est renvoyée.

Mais est ce que cela devrait être un défaut. Je sais où est mon amour, je demande à personne rien, quoi que ce soit, je suis indépendante (tant que mon chat existe, je vais bien), j'ai toujours gagné mes tunes, je veux vivre avec personne, je veux pas coconstruire une vie, je veux la mienne, je le sais. 
C'est aussi pour ça que je sais exactement ce que je peux donner. Parce que cela ne me coûte pas. C'est presque naturel pour moi, d'aimer, parce que si j'aime pas, je suis dans la haine, et je suis pas heureuse. J'ai pas besoin des autres, mais j'ai besoin d'aimer, j'ai besoin également de me sentir aimée en retour, en toute logique des choses, je ne crois pas demander la lune. Nous sommes des animaux grégaires, je l'ai bien appris, même si j'aime hiberner, même oursonne, j'ai besoin de me sentir acceptée, et je suis en paix avec ça.
Je sais où je suis.

Mais quand je donne mon amour, parfois en retour j'ai une porte fermée. Et ça me fait extrêmement mal. Je ne comprends pas (et vous savez à quel point comprendre les choses est une nécessité pour moi). 
Je comprends par contre que je fais peur, que j'effraie. Être à l'aise avec ses envies, c'est quelque chose avec lequel je suis au clair, je ne demande jamais plus d'amour parce que je sais que c'est pas comme ça que ça marche, par contre, je demande que l'autre soit clair avec moi. Pour que je sache où j'en suis. 

Je viens de comprendre la limite de cette méthode : si la personne n'est pas au clair avec ses envies, avec son amour, alors elle ne sera pas claire avec moi. Alors j'en souffrirais. Parce qu'on a beau communiquer, si l'autre n'est pas au clair, il ne pourra pas l'être avec moi.

Et c'est douloureux de se voir autant incomprise. 

J'ai l'impression d'avoir un trésor que personne ne veut partager avec moi. Qu'on a la possibilité ensemble de créer de l'or, dans le moment présent et choisi, et au final, on en sort de la boue. Parce que nous sommes pas au clair sur la recette. 

Soupir.

 

Lilou ADF dans mon terter
 

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22 juin 2024

I'm an antisocial social kid, when I'm around blood, I'm a social crip

Je crois qu'autant que le changement est une constante à ma vie, l'ennui l'est aussi.

L'ennui, c'est un long sujet, c'est aussi un verbe difficile à conjuguer, pour moi, c'est surtout un état qui me fait du mal, je crois.

Il y a quelques années, j'avais écrit sur la frustration. J'expliquais à quel point la frustration était... frustrante, et me voici me voilà, onze ans après, à refaire le bilan, calmement (je n'arriverai jamais à ne pas placer cette référence). La frustration n'est que le symptôme dont la maladie serait mon ennui. 

Je déteste le sentiment d'ennui. Je ne sais pas si c'est par tradition performative (du temps non utilisé n'est pas du bon temps), par sensibilité personnelle, ou si c'est un sentiment général, mais l'ennui, l'ennui les amis, me fait faire des choses qui parfois ne sont pas miennes.

J'ai l'impression qu'à certains moments, je vis sur une autre planète-temps que le reste du monde. Une heure s'étire et devient aussi longue que la carrière de Drucker, et je suis pas du tout à l'aise avec ce sentiment.

Je n'aime pas ce vide dans ma personne. J'ai besoin de le remplir. Alors idéalement, je cherche quelque chose à faire. Ce quelque chose n'a même pas besoin d'être important (je voulais vraiment me lancer dans le nasoflûte), ce quelque chose ne doit pas être répétitif ou l'ennui revient (coucou tous mes anciens boulots), ce quelque chose doit composer une part de nouveauté à chaque fois qui m'attire, et force est de constater qu'à mon humble âge, j'ai tenté beaucoup de choses pour y échapper.

Alors mon ennui m'a amené à de la création. La musique, l'écriture, c'est une manière de décorer mon temps, c'est des bougies qui me donnent la lumière dans l'ombre, et, avec le temps, j'arrive à en faire quelque chose. 
J'ai donc du mal à en vouloir entièrement à cet ennui, car cet ennui m'a dirigée vers de belles choses. Vers de belles personnes, également, les gens qui m'entourent (bonjour à vous) sont généralement des personnes qui savent me divertir, par leurs pensées, leur humour, leur manière de voir la vie, leur énergie. 
Je comprends enfin ce fameux côté social que j'ai, étant née oursonne, cela m'avait toujours fasciné.
J'ai besoin des gens parce que c'est l'une des plus belles manières de passer son temps, quand ces personnes sont belles et inspirantes.

Alors non, définitivement, je ne peux pas en vouloir à l'ennui. L'ennui est naturel, dans le sens où nous ne sommes plus des humains des cavernes assouvis à notre survie. "Quand t'as rien à bouffer, t'emmerdes la Joconde". L'ennui permet la création de la vie, nous sort de la survie.
L'ennui est un cadeau, en vrai.

C'est juste mon problème si je n'arrive pas à le gérer. En fait, je le ressens de manière exponentielle, cet ennui. Au début c'est cool, j'arrive à le gérer, le niveau 1, je fais des activités et l'ennui passe. Au bout d'un moment, si l'ennui est toujours présent malgré ma capacité à trouver de nouvelles activités, je commence à faiblir. Niveau 2. C'est le niveau où soit je fais des choses incroyables, soit des choses incroyablement aléatoires (comme écrire des paroles de chanson sur des meubles)(chez moi on pourrait faire des karaokés surprises), mais ça reste gentillet.

Le niveau 3, c'est quand je me sens sur le fil, prête à faire des choix qui peuvent m'être délétères, tout, en fait, pour échapper à l'ennui qui revient, inlassablement. Tout pour éviter la frustration. C'est quand je cours 2h14 pour m'exploser les poumons, parce que je crois que je préfère me sentir mourir que de ne rien ressentir du tout. C'est quand je me tourne vers des paradis artificiels, parce que cela m'anesthésie. C'est quand je m'énerve. Quand je donne de la place à une personne qui ne la mérite pas, juste parce qu'avec cette personne, le temps s'envole.

Le niveau 4 (non atteint actuellement), ça sera peut-être au moment de ma mort. Je serais tellement hypée par ce voyage que peut-être je me battrais même pas contre ma destinée. J'en sais rien, mais je me vois bien, âgée, lorsque toutes mes missions seront remplies, mourir d'ennui.

Alors, je me demande comment vivre avec cette contradiction (l'histoire de ma vie, en fait).

A quel moment l'ennui devient-il mauvais pour moi ? C'est ma grande quête de l'été.

 

Exactement le genre de choses que je ferais dans l'ennui. Je l'ai déjà fait jeune d'ailleurs. PARCE QU'ON ME DIT PAS QUOI FAIRE A MOI

17 juin 2024

si j'veux remonter la pente, il faudra d'abord que je la descende

Dans quelques heures, il sera l'heure fêter ma 32e révolution autour du soleil, l'heure est au bilan (je me demande si c'est une tradition qui vient vraiment de moi ou des Neg' Marrons).
32, j'aime bien, le nombre est bleu marine, assez sombre et profond, peut être équivalent à mes pensées et réflexions du moment.

J'ai récupéré un peu de vie avant cette date fatidique, ce qui aide à être positive face à la journée à venir. 

Ceux qui me suivent depuis Mathusalem savent que j'ai du mal avec cet anniversaire, je trouve que c'est de la pression, avant de comprendre que c'était juste moi qui me mettait la pression pour ne pas être déçue de moi-même. Au final, je comprends ce qu'il y a à célébrer.

Ce qu'il y a à célébrer, c'est que je suis toujours là, forte, déterminée, et vivante (mais réellement vivante, pas juste du type qui respire), et en effet, c'est chouette, j'arrive enfin depuis quelques temps à me réjouir de ça.

A me réjouir d'avoir déjoué tous mes plans. J'étais une adolescente peu sûre d'elle, encore moins sûre de la vie qu'elle menait, je voulais tout arrêter à mes dix huit automnes, je m'estimais trop cassée pour faire partie de la grande comédie humaine. Depuis, j'ai appris à jouer la mascarade, à faire la valse à trois temps, j'ai travaillé ma sociabilité et je comprends enfin ce que je peux apporter également à l'autre, au lieu d'être un réceptacle des envies de l'autre (oui, la frontière entre moi et autrui est mince). J'arrive à me réjouir d'être toujours là, c'est pas aussi dur que tout le reste que j'ai vécu, je sais pas si je me suis endurcie ou si la vie me met moins de coups mais il y a de la douceur, alors que j'en manquais cruellement. Reste à appliquer cette douceur à moi-même, sans exceptions.

Je crois que l'une des plus belles choses dont j'ai été témoin, c'est la flexibilité mentale, à quel point, parfois en peu de temps, on peut avoir un déclic et prendre une direction différente, non pas en se forçant ou par discipline, mais juste par amour du chemin (et pourtant, je fais jamais de randonnées)(exceptée celle en terminale au Pic Saint Loup où l'on devait analyser le basalte - souvenir mitigé).

Je crois que c'est ça mon plus beau témoignage, c'est de dire que je me trompe, et que j'espère encore me tromper sur mon compte. J'espère continuer à apprendre mes recoins, la personne que je suis, à être la personne que je devrais être au lieu de courir après elle. Je crois que c'est bien, de se tromper, d'avoir la surprise, d'avoir l'évolution, au lieu de résister et de se fermer. Si j'avais du croire toutes mes frayeurs de lycéenne, je n'aurais jamais mangé de champignon hallucinogène (parce que j'avais peur des champignons, et non des drogues), et c'était pas si pire. C'était même plaisant, une fois le lâcher-prise pris.

Ce que je veux dire par là, c'est que la vie est vaste, autant en amour qu'en haine, et qu'au final, ça reste bien un choix : l'amour des autres, l'amour de soi, l'Amour, avec un grand A, est à désacraliser, dans le sens où ça devrait être quelque chose qu'on se donne naturellement, sans se forcer, sans en avoir peur.

J'ai passé tellement de temps à avoir peur de moi-même, quand il suffit juste de le faire. Il ne sert à rien d'avoir peur du pas à faire, si l'on tombe, c'est en se relevant qu'il faut mobiliser sa force, et non pas avant, en prévision. J'ai passé tellement de temps à me dire que je pouvais pas le faire, et je l'ai fait. 

Y'a des choses que je vis actuellement, et que j'ai vécu depuis ces fameux dix huit automnes, c'est des choses incroyables, où j'y reconnais ma chance. C'est ça qui est chouette avec la joie : la plus forte est l'inattendue. Et vu que je m'attendais nulle part, j'ai eu des moments de bonheur vraiment stylés. Je me rends compte que du haut de mes maintenant 32 étés, je ne me connaissais que peu. J'aurais pas pu prévoir le dixième de ce qui m'est arrivé, du mauvais à l'incongru, du drôle à l'émotion, y'a trop de petites anecdotes de vie que je trouve belles, que je chéris, qui ne font sens peut être que pour moi, mais c'est exactement pour ça que ça m'est cher.

Je réfléchissais à la question de mentor, c'est bien dans la vie, d'avoir des personnes inspirantes qui nous servent de modèles, d'exemple, d'inspiration au quotidien. Mais je crois que je n'en ai aucun.e de défini.

J'ai réfléchi au fait que personne ne semblait combiner le chaos que je cherche chez les autres d'une manière harmonieuse, la personne qui aurait craqué la théorie du chaos inversée, mais, peut-être que c'est moi, tout simplement. Que c'est la personne que je dois être, la personne que je souhaite être. C'est en moi, cette contradiction ultime, d'avoir autant détesté la vie mais de l'avoir toujours croqué à pleines dents tout de même, et il y a une leçon à tirer de ça. C'est mon instinct de survie, c'est mon recul, mon impertinence, mon humour quand les choses deviennent sombres, ma manière de rebondir style je suis une balle de ping pong, mon intelligence avant ma haine, mon coeur avant ma raison, malgré le monde, envers et contre tout.

C'est cette image de moi qui me donne envie de me checker le poing, de me dire gg meuf, tu l'as fait, t'es partie de loin mais tu pourrais aussi t'appeler Marathon (Tahra veut déjà dire morue en japonais, je ne suis plus à ça près), j'ai tenu la distance, je tiens le choc.

32 étés, peut être encore pareil à venir, encore beaucoup de choses à dire et à vivre, de me découvrir encore et encore, comme une spirale qui ne fait que grandir, me nourrir et évoluer, me comprendre, aller de l'avant, je me souhaite tout ceci.

Je me souhaite tout ceci, et tout ce que je ne suis pas capable de voir encore à l'horizon. Je me souhaite de surfer encore de belles vagues et de gérer le creux des vagues. Je me souhaite de rester ouverte à la personne que je deviens. Bel anniversaire, moi. Des arc-en-ciels après la pluie pour toi. A l'année prochaine, même exercice, même heure.

 

 

16 juin 2024

Let me always love you by telling you goodbye // Fallin'

La redescente, ou son idée même, est une chose avec laquelle je ne suis pas à l'aise.

J'ai appris à surfer mes hauts, à surfer mes bas, à surfer (difficilement) du bas vers le haut, et le dernier master à maitrîser, la dernière compétence pour que je puisse devenir reine des vagues (et enfin faire honneur à ma famille du Maroc qui s'étonne que je sois à l'aise autant que de l'huile dans l'eau - je dois être non miscible), c'est de surfer du haut faire le bas, la réception de la chute, le rebondissement attendu, jusqu'à la prochaine hauteur, jusqu'au prochain creux.

J'avais déjà capté la nature Sisyphe de la vie, et depuis, j'ai accepté, j'ai fait du travail, l'ombre va avec la lumière, toussa toussa, rien n'est plus beau qu'un contraste oreo ou qu'une éclipse solaire, je suis d'accord. 
Ce ne sont pas les moments sans lumière qui me font peur. Ce sont les passages où je m'habitue à la lumière. J'ai appris à serrer les dents, j'ai appris (tout récemment) à les desserrer, à lâcher prise, à ne plus anticiper la descente, j'ai compris que cette anticipation, de toute manière ne rendrait pas la chute plus facile.

Donc, okay. Profiter, c'est quelque chose qui est dur pour moi, profiter, c'est reconnaître le bon, et reconnaître le bon, c'est reconnaître aussi quand il n'est plus présent. J'ai compris qu'il ne faut pas avoir peur de l'absence de bon, et, pour pas me jeter des roses, sachez que je pense que j'arrive à faire face à l'adversité du haut de mon mètre cinquante cinq. Encore une fois, ce n'est pas l'obscurité qui m'effraie, c'est quelque part l'obscurité en moi qui a absorbé tant de lumière et qui s'efforce à la faire rejaillir. Alors je respecte le processus, là ne sont pas mes questions.

Respecter le processus par contre, dans mon esprit, c'est donc savoir descendre également avec sérénité, et là, de mon côté, y'a des pépins dans la salade. Et je crois que ce n'est pas nécessairement la fin des choses qui m'angoisse. La fin des choses souvent me soulage, m'apporte une réponse, me permet justement d'entamer une nouvelle ascension, et cette ascension, c'est une étape que j'adore.

J'aime me sentir de retour, j'aime me sentir moi (aussi flou que cela est dans mon mental), j'aime ressentir ma force, j'aime savoir que je me porte, d'une manière que je trouve intéressante à défaut d'efficace, j'aime mon chemin plus que l'objectif en lui même, j'aime les challenges, me sentir à la hauteur (décidément, on sent que je ne porte plus de talons hauts).
Ce petit moment, juste avant d'y arriver.
Cet effort final qu'il faut pour remplir une jauge imaginaire dans mon esprit. Ce moment de respiration, où je vois, je sens que je suis proche, et que je le fais. C'est une drogue, je crois. J'aime avancer, l'effort dans sa mesure, découvrir de nouvelles choses et de nouveaux horizons, je suis Bear Grylls de la vie sans soucis.
 

Alors je me pose la question : si je connais ma force dans les enfers, si je connais ma force dans la félicité, pourquoi est-il si dur de passer de l'un à l'autre ?
Si j'ai confiance désormais dans mes capacités à être présente, dans les deux sens, pourquoi j'accepte si peu la redescente ? 
Théoriquement, la descente c'est censé être marrant, c'est également un moment de lâcher prise, en fait. Lâcher prise sur ce que l'on peut et sait faire, pour justement apprendre de nouvelles skills de vie, agrandir son arbre de compétences. Mais non, ce passage obligé chez moi, c'est mon talon d'Achille.

Autant face à la difficulté, je développe une certaine insolence (ironique, pour quelqu'un qui capte pas le sarcasme), autant je fais pas la maligne quand je la vois arriver de loin. 

Je crois que la redescente, c'est la partie de ma vie où c'est le plus flou pour moi. Je suis plutôt en roue libre, tout schuss et hors piste, histoire de bien arriver vite et en fracas -- peut être histoire de profiter, aussi, encore, d'un moment pas cool. Quitte à tomber, autant y aller.
Mais, tout de même, avant le grand plongeon, appréhension.

En fait, je crois que je gère mal la redescente car pour l'instant je n'y trouve pas de bénéfices associés. Excepté en faire un moment pas aussi dégueulasse de ce qu'il paraît, je n'arrive pas à en apprendre quelque chose de concret. Je sais que parfois je glisse, parfois la descente est inévitable, parfois la descente mène à d'autres cimes, mais je soupire avant de me lancer.

Et c'est ce moment, un moment d'existence banal répété souvent dans ma vie (et dans la vie en général), qui me pose souci. Pas actuellement, mais j'anticipe encore un peu, si je prends mon avance rapide, là je sais que je me sens bien et j'en profite sous tous les coins de soleil possibles, et même si je n'y pense pas, ce moment va arriver car il est dans l'ordre des choses, c'est le cycle de la vie, Mufasa meurt mais le reste de la trilogie n'en est pas moins plaisant. 

Donc je ne sais pas. Je l'accepte théoriquement, ce cycle, la suite des choses, mais si on aime Mufasa, on aime Mufasa, désolé Simba et Kovu. Le coeur n'est pas aussi simple. Le deuil nécessaire au renouveau, à la suite de la vie, n'est pas simple.

Et il ne s'agit pas de ne plus avoir d'attentes. De ne plus s'attendre à recroiser un Mufasa, perdu dans la jungle, quelque part. De ne pas espérer. De ne pas y croire.

Il s'agit de savoir le faire, envers et contre tout.

 

8 juin 2024

You got me / All You Need is Love 2

Donc, quand j'ai peur d'aimer, je développe des stratégies d'évitement. C'est ce que j'ai compris sur moi récemment. Une manière plus ou moins logique de se protéger. L'évitement est naturel, dans le sens où si l'on me demande de choisir de dormir entre mon chat et Darmanin, je choisirai ma Yui, sur la base de la sécurité pure et simple.

L'évitement n'est pas une stratégie débile en soit. Il y a des choses que j'évite consciemment (les enfants, les champignons, les jeux de pouvoir), d'autres inconsciemment (les trous dans les trottoirs, les trottinettes aléatoires de la chaussée, en ce moment le sourire de Le Pen sur les affiches électorales), mais dans les deux cas, cet évitement m'est, au final, bénéfique, compris, presque maîtrisé. 
Ce qui me pose problème, c'est mon évitement inconscient de certaines choses. Et puisqu'en ce moment je réfléchis à mes relations amoureuses, c'est sur ce sujet que mes élucubrations vont continuer. 

J'évite l'amour, c'était la conclusion précédente. Le second fait, je l'évite inconsciemment. Il y a des choses sur lesquelles j'ai énormément travaillé (ne plus me parler comme si j'étais la pire merde du monde, accepter mon attachement anxieux, ma jalousie), et les résultats se font ressentir. Mais je viens de comprendre que j'érige mon indépendance, ma liberté, comme un déni, comme une excuse facile au final, pour moins penser aux relations. C'est tellement le chaos dans ma tête, et j'ai l'impression d'avoir les pieds coincés dans le ciment, alors c'est plus facile de se donner le genre de "ce n'est pas mon truc", plutôt que de réfléchir profondément à ce qui nous fait choisir cette position. Note : je ne suis pas contre ma manière actuelle de gérer les choses. C'est le chaos, mais vous me connaissez, je suis un chaos relativement organisé, dans ma belle contradiction permanente. Par contre, je suis soudainement intéressée par mieux me comprendre, savoir en fait pourquoi j'ai choisi cette stratégie, afin de savoir comment l'adapter à mon cas précis. J'ai beau être indépendante, je viens de demander des euros à un ami parce qu'apparemment, je ne sais pas mon budget (coucou à toi). Je vois bien que mon indépendance a des limites.
 

Les limites de mon indépendance, c'est mon besoin d'être aimée, déjà comme tout être humain grégaire, mais de manière plus complexe mon besoin d'être validée par mes pairs (j'ai déjà assez l'impression d'être une folle en liberté totale), ce fameux besoin sociétal non plus de rentrer dans une case (je l'ai compris), mais de me sentir utile d'une quelconque manière dans cette comédie (tragédie ?) humaine, et mon manque d'amour lié à mon histoire personnelle. Je dois jongler entre toutes ces facettes de mes besoins (envies ? à méditer), et mes envies actuelles, mes aspirations personnelles. Respirons.

J'ai tellement peur d'aimer que je me retiens, je contiens mon amour, j'ai un peu comme un barrage grâce à mes castors du coeur, j'ai peur, je crois, non de le donner à la mauvaise personne, mais qu'il effraie les bonnes. Je réfléchis dans ce que je peux accorder à l'autre (outre mon respect et Amour que j'essaie de cultiver pour la plupart des humains), et je m'accorde ensuite pour être en phase avec cette fameuse loi de réciprocité universelle. Je ne peux donner plus, ou l'autre aura l'impression d'une dette, ou juste d'avoir le monstre noir masqué de Chihiro qui suit ses compatriotes en faisant des offrandes permanentes. Dans les deux cas, cela bloque mon intention initiale : juste vouloir mettre à l'aise l'autre.

En fait, mon anticipation des besoins de l'autre, devient oppressante par le perfectionnisme de mon amour. Non pas dans celui de l'autre, mais bien dans celui que je donne : il est important pour moi de donner sans retour, sans attentes, sinon, c'est de l'intérêt (qui est une émotion agréable également à ressentir, mais moins nourrissante pour mon esprit). Mais voilà, avec ma passion manichéenne du tout ou rien, ça peut au mieux surprendre, au pire faire peur. Doser, l'équilibre.

C'est là où réside la clé de mon problème avec les autres. Peut-être que ce qui est vivre pour moi, devient une affirmation de mon existence aux yeux des autres. Et l'incompréhension démarre, et la peur bloque la communication, et c'est le foirage organisé aux petits oignons. Forcément, je crois mon intention bonne, mais l'effet n'est pas celui escompté. Donc, frustration. 

Et à force de frustration, j'ai fermé ma valve. C'est dans ce désert aortique que je me baladais ces dernières années, je crois. Quatre, je crois. L'évitement.

A force de frustration, j'ai fini par croire que mon amour ne sera correspondra avec personne. Alors j'ai oublié comment j'aimais. A la place, j'ai décidé d'analyser, un peu trop, comment les personnes se présentent à moi, ce qu'elles attendent exactement de moi pour ne pas leur donner selon cette fameuse loi de la réciprocité. J'ai fini par me dire, que si apparemment j'aime sans condition et que cela dérange, c'est que les autres devaient avoir des conditions à leur amour. Je viens de comprendre que ce n'est pas forcément le cas. Alors que je calcule de manière millimétrée ce que je peux et dois donner dans les échanges sociaux, je me rends compte que la plupart ne réfléchissent pas autant. C'est juste que j'ai pas (plus ?) peur de sauter dans l'abîme, je sais, je crois, comment en ressortir. Mais c'est sûrement pas le cas de tout le monde. La plupart vivent, moi j'existe dans ce rapport, dans le sens où j'en enlève ma spontanéité. Ce n'est pas du calcul au dépens des autres, c'est un calcul à mon propre dépens, mais un calcul tout de même. A partir du moment où l'on réfléchit sur les effets de notre comportement, est-ce que l'on vit toujours ? Ou l'on existe, selon un code bushido personnel qui nous pousse à faire voir une version de nous même ?

Et, comme on m'a soufflé à l'oreille récemment, exister, c'est aussi prendre le risque de disparaître, qui est un risque créé. Vivre, c'est prendre le risque de mourir, qui est un risque inné et inéluctable (pour l'instant, je t'observe, Elon Musk).

En second lieu, mais en très large lieu, j'ai une histoire personnelle liée à la manipulation qui fait que je suis légèrement traumatisée. Je travaille beaucoup dessus, encore, mais ça n'est pas parfait. Je me pose toujours la question de savoir si l'on me manipule. Si l'on me fait des mind games. Alors je reste attentive, j'ai des peurs, encore une fois, qui elles, par contre, manipulent bien mon comportement.

Je crois tellement que tout le monde joue un jeu, que j'en oublie le je. (phrase de l'année 2024. Merci, merci.)

Mon air de blasée de la vie 

6 juin 2024

J'roule mon pers, tous les soirs, m'appelle pas bébé, va là-bas

Je ne sais pas en fait si je fais vraiment des insomnies. J'ai parfois juste l'impression d'être en éveil, comparé à l'hiver où je suis en hibernation totale. Je ne sais pas très bien pourquoi j'aime la nuit, pourtant j'ai besoin de soleil (malgré le look Mercredi) (et non, même si je travaille beaucoup dessus, je ne suis pas encore capable de produire ma propre lumière). Mais voilà, la nuit, ça appelle à mon côté Tahra Mystère, c'est un champ des possibles que j'aime observer.

La nuit. J'ai beaucoup souffert par le passé d'insomnies, mais en fait, avec le recul, avec le temps va tout s'en va, avec le temps tout revient, je me rends donc compte que même petite, j'aimais la nuit. Je l'associe à ma liberté. C'est un moment où mon cerveau ne fait qu'un avec lui-même, le calme, le chat posé, j'entends que trop mes pensées tambourinantes, et même si je les laisse passer à travers-moi, au début, je m'accroche à ces bribes de cerveau, je prends plaisir à batifoler dans mon esprit, à m'entendre rire de bêtises (aujourd'hui, c'était les excellentes paroles de T'as le look, coco), je prends plaisir à m'amuser, en fait.

La nuit, c'est mon imagination qui se décuple. Je dirais pas que ça fuse, je ne suis pas Einstein (malgré mon approche toute personnelle de la relativité), mais ça vit, en tout cas. Et, je sais pas, comme un diorama ou un élevage de phasmes, j'ai du mal à y éteindre la lumière, à envoyer tout ce petit monde dans le sommeil.

J'ai passé beaucoup de temps à ne pas aimer mon cerveau avant d'en comprendre l'obligation réelle de devoir apprendre, et j'ai l'impression désormais que c'est mon cerveau qui s'amuse, la nuit.

La journée, je suis sollicitée, je suis réceptive, mais la nuit, quand les stimuli s'éteignent, mon cerveau continue sa valse à trois temps (j'écouterais presque un petit Brahms, là tout de suite). Et puis c'est marrant de s'observer penser, quand les pensées sont neutres ou agréables.

En vrac, j'ai eu l'idée de me lancer dans une nouvelle aventure entrepreneuriale, où je copierais le système de Match de Tinder, mais pour faire une communauté de voisins. Dans nos profils, on pourrait mettre ce qu'on propose/recherche (entretien, promenade d'animaux, courses, amitié, cours...), et l'on matcherait selon nos envies et besoin. Pour ma part, j'aurais ainsi levé tout un répertoire de voisins possédant des machines à laver. J'aurais appelé l'appli Une Main Lave l'Autre. J'ai eu toute une idée de scénario d'un énième bouquin que je n'écrirais pas. Je cherche toujours comment arrêter les conflits dans le monde (enfin, la solution je l'ai, c'est que je devienne maîtresse du monde, mais j'ai pas trouvé comment faire). Je suis vivante, la nuit, je ne suis plus zombie.

Je sais pas, pourquoi la nuit m'enchante autant. C'est mon côté Schéhérazade. Rêveuse, mais qui n'aime pas dormir, du coup. Ma contradiction, encore. Une constante.

En même temps, quand je laisse libre cours à mon imagination, c'est un moment où je me sens en vie. L'imagination, c'est tellement imprévisible, c'est ça qui est chouette, j'ai donc beaucoup de mal à dire stop à ces moments de fabulation. C'est un relâchement dont j'ai besoin, un peu comme un étirement de la matière grise à force de trop penser à mille choses à la fois. 

C'est juste, qu'encore une fois, nous les animaux nocturnes, ne sommes pas bien vus en société. La nuit, c'est au mieux une zone grise pour tous. La caractéristique "Nocturne" rend généralement l'espèce moins aimable/jolie/domesticable. Aimer vivre la nuit n'équivaut pas forcément à être sombre, mais soit. Cela équivaut à être plus ou moins libre, par contre, j'y reviens. Cette liberté d'ailleurs m'est nécessaire, et je ne dis pas ça pour frimer, ou pour être Robine des Bois.  Elle m'est nécessaire par caractère : je ne rentre toujours pas dans vos satanées cases. Alors, vivre en décalé, j'ai déjà l'habitude. J'ai appris à apprécier.


Ma liberté s'arrête où commence celle des autres. 
Mais qu'en est-il quand ma liberté est entachée par celle des autres ? Je compte pas écouter du Gangnam Style à trois heures du matin, mais soyons sérieux trois secondes, écouter de la musique la nuit, chez soi, assez fort pour ressentir, c'est un kiff. Passer ma nuit à écrire (coucou) ne devrait pas signifier que je n'ai pas droit à ma pizza Domino's (oui, jugez-moi) vers six heures, quand j'aurais besoin de retrouver des forces dans de la mozzarella avant de sombrer dans mon sommeil profond. J'aime m'endormir en écoutant les oiseaux, en voyant les premiers rayons du jour, cela m'emplit d'une certaine paix que j'ai du mal à comprendre. L'impression d'être allée jusqu'au bout. D'avoir enfin "fini", pour de vrai, ma journée. 
La nuit, je suis moi, la journée, ça dépend des fois. 

Alors, pour une fois, je trouve ça beau que j'ai du mal à me dire au revoir, pour me retrouver le lendemain.

 

OUI.

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